Le gouvernement estime que le coût global de ces mesures s’élève à 70 millions d’euros, chiffre destiné à contrer l’envolée des prix provoquée par le conflit au Moyen-Orient.
À la suite de la hausse des prix des carburants, le gouvernement a dévoilé, vendredi 27 mars, des mesures « ciblées » destinées à certains pans économiques : le secteur routier, la pêche et l’agriculture. Ces dispositions, évaluées à 70 millions d’euros pour le mois d’avril, ont été présentées afin d’atténuer l’augmentation des coûts provoquée par le conflit au Moyen-Orient. Le financement provient d’annulations de crédits équivalentes pratiquées au sein des ministères concernés.
Cinquante millions d’euros pour les transporteurs
Le domaine du transport routier, qu’il s’agisse de fret ou de transport de voyageurs, bénéficie de l’aide la plus conséquente, autour de 50 millions d’euros pour le mois prochain. Cette mesure vise particulièrement les très petites entreprises (TPE) et les petites et moyennes entreprises (PME) qui pourront démontrer des « difficultés de trésorerie majeures liées à la crise ». L’aide se matérialise par une subvention forfaitaire de 0,20 euro par litre pour les sociétés éligibles, lesquelles pourront faire leur demande via un guichet spécialement mis en place à cet effet.
Quatorze millions d’euros pour les agriculteurs
Du côté agricole, le gouvernement prévoit une exonération du droit d’accise sur le gazole non routier (GNR) utilisé dans les tracteurs, ce qui représente un coût estimé à 14 millions d’euros. Concrètement, cela se traduit par une réduction d’environ 4 centimes par litre sur ce carburant déjà bénéficiant d’un régime fiscal avantageux.
Cette aide serait complétée par une demande de suspension immédiate du MACF (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières) sur les engrais, compte tenu du fait que la France et l’Union européenne sont de grandes importatrices de ces produits. À défaut d’une telle suspension, il serait envisagé d’appliquer une compensation pour les agriculteurs.
Cinq millions d’euros pour les pêcheurs
Les pêcheurs, certains d’entre eux déjà contraints de rester à quai, bénéficieront d’un soutien de 5 millions d’euros. Le dispositif, évalué à environ 0,20 euro par litre selon les calculs du gouvernement, prendra la forme d’un remboursement sur les factures de carburant des bateaux de pêche.
Le gazole destiné à la pêche étant déjà exonéré de taxe, il était impossible d’utiliser l’instrument fiscal traditionnel. La France prévoit d’informer la Commission européenne de son intention de mettre en place cette aide directe et lui demandera d’en valider la mise en œuvre « au plus vite », ce qui pourrait ensuite permettre d’éventuelles réductions à la pompe.







