Cette eurodéputée, qui avait déjà été candidate à l’élection municipale pour Paris, était l’invitée de l’émission ‘4 V’. Elle a répondu aux questions du journaliste Jeff Wittenberg sur les dernières élections et s’est aussi exprimée sur l’union des droites en France.
Ce passage constitue une partie de la transcription de l’entretien présenté plus haut. Pour le visionner en intégralité, cliquez sur la vidéo.
Jeff Wittenberg : Ressentez-vous des regrets, non seulement parce que votre désistement en faveur de Rachida Dati n’a pas permis sa victoire, mais aussi parce que vous perdez la possibilité d’avoir un conseiller de Paris après avoir retiré votre candidature ?
Sarah Knafo : On ne regrette jamais d’avoir accompli son devoir. Je suis convaincue d’avoir rempli ma mission. Mon désistement visait à battre la gauche. Or, elle l’a emporté. Donc je n’employerai pas le mot “regret”, mais j’éprouve une vraie tristesse pour les Parisiens. Je suis peinée pour eux qu’après douze ans sous Anne Hidalgo et après vingt-cinq années de socialisme, le même état des choses se prolonge.
Le verdict est sans équivoque. Il y a une marge d’environ neuf points entre Rachida Dati et Emmanuel Grégoire, soit près de 80 000 voix d’écart au total. À quoi attribuez-vous ce résultat ? Paris penche-t-il définitivement à gauche aujourd’hui ?
Ce qui est sûr, c’est qu’au terme de six semaines de campagne, après avoir conduit avec mon équipe une première tentative où j’ai obtenu 10,5 % au cœur de la capitale, c’est une fierté immense. Et il faut bien reconnaître que le regard porté sur le vote et sur l’écart actuel entre droite et gauche rend ce score, que j’ai obtenu en plein centre de Paris, encore plus remarquable pour mon équipe et pour moi.
Plusieurs éléments expliquent ce phénomène. D’abord, le programme défendu par le centre de madame Dati n’apportait pas, selon moi, suffisamment d’ambition pour la ville. Je l’avais souligné pendant la campagne. Ensuite, lors du second tour, j’ai déclaré que mon désistement n’était pas pour appuyer Dati, mais pour empêcher la gauche de gagner.
Mais, est‑ce que vous auriez préféré qu’une maire de Paris bénéficie du soutien d’Emmanuel Macron ?
Bien sûr, ce n’était pas mon scénario idéal, mais il faut savoir choisir le moindre mal. C’est là une question de responsabilité. En observant les autres partis, LR et RN, et en constatant qu’ils se renvoient mutuellement la responsabilité de la victoire de la gauche, on peut prendre des exemples évidents. À Marseille (Bouches‑du‑Rhône) et à Nîmes (Gard), LR s’est maintenu sans aucune chance de l’emporter, ouvrant ainsi la porte à des victoires socialistes ou communistes. Et le RN leur reproche cela, tout en reproduisant, dans d’autres cas, le même schéma. À Chambéry (Savoie), ils se sont maintenus sans espoir pour un seul conseiller municipal, puis deux. Ce serait, pour moi, une faute morale de ne pas avoir rempli mon devoir et de me dire ensuite que j’aurais pu éviter cette issue.
Selon nos informations, l’ancien président Nicolas Sarkozy aurait joué un rôle dans votre désistement. Est‑ce exact ? Avez-vous eu des échanges avec lui à propos de ces municipales ?
Nous nous sommes parlé. A priori, il n’a pas piloté mon désistement. Personne n’a pris de décision pour moi. Nicolas Sarkozy promeut une « union des droites », il l’a affirmé à plusieurs reprises et l’a écrit dans des tribunes et dans son livre. En revanche, personne n’a exercé d’influence directe sur ma décision de me retirer. Ou alors, s’il fallait nommer quelqu’un, ce serait Emmanuel Grégoire. Quand j’ai parcouru son programme, je n’ai pas eu besoin d’un conseil pour comprendre que je devais éviter que la capitale tombe entre ses mains. Malheureusement, elle s’est retrouvée dans cette situation. Ce que l’on peut dire, c’est que le socialisme n’a ni été pensé ni mis en œuvre par nous.
Mais confirmez-vous tout de même avoir eu des entretiens ou des contacts avec Nicolas Sarkozy au sujet de ces municipales ? Vous dites que l’ancien président prône l’union des droites, vous aussi. Est-ce bien la même chose que la « main tendue » à la droite sincère, expression reprise par Jordan Bardella lors du premier tour ? Est‑ce la même chose pour vous ?
Non, ce n’est pas identique. J’ai entendu Marine Le Pen affirmer, hier, son scepticisme quant à l’union des droites. J’ai aussi lu Jordan Bardella dans Le Figaro se défaire lui aussi de cette idée, affirmant que son mouvement n’est ni de droite ni de gauche et qu’il dépasse ces étiquettes. Je les croirai sur parole sur ce point. Pour notre part, nous sommes un mouvement de droite, nous incarnons la droite et nous défendons des convictions propres à la droite. D’ailleurs, les divergences apparaissent sur certains sujets, mais chacun a droit à ses opinions.
Ils portent une ligne économique qui peut être qualifiée de “socialisante”, et cela s’est vu à l’Assemblée nationale. Je n’avance pas ce jugement à la légère : j’ai étudié leur action et consulté leur contre-budget d’automne; j’ai proposé le mien, puis peu après ils ont avancé le leur, annonçant onze nouvelles taxes. Ils ont voté de concert avec la France insoumise.
Si je devais décrire notre position actuelle, je dirais que nous répondons à la fois aux exigences régaliennes du électorat RN et aux attentes économiques d’une partie de celui qui soutient LR. En somme, nous nous situons à l’intersection des deux courants, crédibles sur les questions sécuritaires et sur le renforcement de l’État, avec une politique pénale plus ferme qui rompt avec le laisser-aller actuel, tout en étant, sur le plan économique, les seuls à répondre véritablement aux besoins d’un grand pan de l’électorat.
Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans la vidéo ci-dessus.







