Étant l’invité de l’émission « Tout est politique » diffusée ce jeudi 26 mars, le député européen affilié au camp présidentiel affirme que la socialiste, réélue maire de Strasbourg vingt-cinq ans après son dernier mandat, avait raison de s’allier au candidat Horizons pour le second tour.
Ce passage est une partie de la retranscription de l’interview ci‑dessus. Pour voir l’entretien dans son intégralité, cliquez sur la vidéo.
Sonia Chironi : Avant d’aborder les questions d’actualité internationale, parlons de l’hommage national qui a été organisé aujourd’hui en l’honneur de Lionel Jospin, ancien Premier ministre socialiste, et auquel vous participiez. Quel souvenir gardez-vous de cet homme politique et de la personne qu’il était ?
Bernard Guetta : Écoutez, à l’époque où il dirigeait le gouvernement, j’étais à la tête du grand hebdomadaire de la gauche sociale‑démocrate, Le Nouvel Observateur, et je l’ai donc croisé professionnellement très souvent. Comme beaucoup, j’ai été frappé par sa rigueur et son honnêteté — par sa façon de formuler les choses même lorsque cela pouvait mettre mal à l’aise son camp. Non, il disait la réalité et il partait de ce réel pour construire ses politiques. Et puis, surtout, c’était un homme d’une chaleur humaine extraordinairement forte. Il m’est arrivé, pas très souvent mais régulièrement, de le croiser après sa retraite politique, et nos échanges restaient, à mes yeux, profonds… En somme, il ne s’intéressait pas à l’écume des choses et il m’interrogeait toujours sur les vrais problèmes.
Nathalie Saint-Cricq : En voyant défiler ce cortège de personnalités, et notamment le gouvernement que l’on a surnommé la « Dream Team », avec Élisabeth Guigou, Hubert Védrine, Dominique Strauss‑Kahn, Martine Aubry… ne vous êtes‑vous pas dit que l’on assistait à l’émergence d’une gauche complète ?
C’est un peu exagéré.
D’une forme de gauche, de gouvernement, plurielle…
Tout le monde avait l’air d’avoir vingt ans de plus. En réalité, ce qui m’a frappé, c’est que cette cérémonie accueillait de nombreuses personnes issues de ce qu’on appelait autrefois la majorité présidentielle, devenue aujourd’hui une minorité présidentielle, et surtout de la gauche sociale‑démocrate. Et cela m’a profondément touché, car à mes yeux, la force dominante en France devrait être une alliance du centre et de la gauche sociale‑démocrate; or j’ai peur que nous ne nous orientions pas dans cette direction.
Sonia Chironi : Puisqu’on parle de la gauche, quel regard portez-vous, Bernard Guetta, sur ce conflit au sein du Parti socialiste autour de l’injonction de ne pas s’allier avec LFI, puis les ententes entre les deux tours et Olivier Faure qui traite Jean‑Luc Mélenchon de « boulet » ? Cela se conclut par un bureau national où Mélenchon est mis en minorité…
Comme vous le savez, je ne suis pas membre du Parti socialiste, je n’ai jamais été membre, et je n’ai pas l’intention de le devenir. Cependant, une personne m’a particulièrement touché pendant cette campagne municipale : Mme Trautmann, qui a été réélue maire de Strasbourg et qui a eu la lucidité de favoriser, au second tour, une convergence entre le centre — plutôt le centre droit, d’ailleurs dans ce cas précis — et la social‑démocratie. Les électeurs de Strasbourg l’ont approuvée et elle est redevenue maire.
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