Chaque samedi, l’actualité est réinterprétée dans un cadre nouveau, grâce à l’historien Fabrice d’Almeida.
La flambée des ventes de voitures électriques en Europe, provoquée par la crise pétrolière liée au conflit en Iran, a ramené au premier plan ce véhicule qui a déjà beaucoup d’années d’existence. La voiture électrique refait ainsi son arrivée triomphale sur la scène automobile. Car les moteurs électriques existaient bien avant les moteurs à combustion, et les tout premiers essais de véhicules électriques remontent aux années 1830, soit près de deux siècles plus tôt.
C’est une aventure où les Français ont joué un rôle determinant : nous avons été les pionniers dans la conception des accumulateurs. Le grand nom associé à cette épopée est Gaston Planté. Âgé de 25 ans, en 1859, il met au point une batterie à plaques de plomb. On peut la charger électriquement et elle restitue ensuite un courant utile sur une longue durée. Cette capacité permet à des engins autonomes de rouler sans être constamment reliés à une source extérieure. Son invention est perfectionnée et, dans les années 1890, les performances commencent à battre des records.
Nous sommes à l’époque où apparaissent les premiers moteurs à explosion. Mais l’électricité avance à un rythme plus rapide. Deux constructeurs s’opposent violemment sur le territoire français : d’un côté le Belge Camille Jenatzy, qui pilote une voiture baptisée « La Jamais Contente », et de l’autre Gaston de Chasseloup-Laubat, qui conduit une voiture du carrossier Jeantaud. À tour de rôle, chacun prend l’ascendant. Cependant, c’est « La Jamais Contente » qui franchit la barre des 100 km/h en 1899.
La motorisation thermique balaie les pionniers
Après la Première Guerre mondiale, le pétrole prend l’ascendant et l’électrique se réduit à une présence marginale sur le marché. Certes, Peugeot tenta en 1941, sous les contraintes liées à la guerre, de diffuser un modèle électrique, la VLV (Voiture Légère de Ville), dont 377 exemplaires furent produits. Elle disparut en 1945. Le retour des véhicules propres ne se produira véritablement qu’au début des années 1990, à la suite des chocs pétroliers et des préoccupations écologiques croissantes. La mairie de Paris, comme d’autres administrations, s’emploie à constituer une flotte de véhicules électriques.
Pour les constructeurs français comme Peugeot, le retour du succès se produit avec la 106 électrique en 1993. Mais ce modèle demeure lourd en raison des batteries et n’offre qu’une autonomie d’environ 80 km. Les véhicules propres du XXIe siècle gagnent en autonomie, se rechargent plus rapidement et affichent une esthétique résolument tournée vers le futur, à l’image de Tesla, fondée en 2003.
En France, la dernière étape marquante est l’introduction de l’Alpine A290, une petite sportive urbaine qui retrouve la tradition d’une marque engagée dans la Formule 1. Le modèle a même été intégré dans un clip associant le pouvoir politique, diffusé par la présidence. Toutefois, la compétition entre véhicules électriques et thermiques n’est pas totalement résolue, même en pleine crise pétrolière actuelle.







