Suite au verdict de la proposition de refus, se pose maintenant la problématique de ce qui adviendra : quant à Gérald Darmanin, mais également en ce qui concerne l’Assemblée que quelques individus aimeraient vivement voir disloquée.
C’est une déconvenue qui n’avait pas été prévue. Le lundi 11 décembre, les députés ont voté contre le projet de loi sur l’immigration de Gérald Darmanin, et ce, avant même que les discussions n’aient débuté. Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, a admis l’échec et a même proposé sa démission au Président de la République, qui l’a aussitôt refusée. Emmanuel Macron a demandé au ministre de travailler avec le Premier ministre pour trouver une solution pour surmonter cet obstacle et réussir à produire une loi qui soit efficace.
Emmanuel Macron est déterminé à ne pas laisser tomber cette affaire car il veut aboutir à une législation sur l’immigration. Il est décidé à assumer ses responsabilités et ne compte pas se laisser déstabiliser par cette opposition qu’il juge délibérée.
C’était lors d’un déplacement à Toulouse, où il avait discuté de l’avenir de la France dans le cadre du programme d’investissements France 2030, que le président a appris la nouvelle. Malgré cette déconvenue, le président a continué à mener ses affaires en rencontrant le ministre de l’Intérieur à son retour, puis en échangeant plusieurs fois avec Gérald Darmanin et Elisabeth Borne. À l’Elysée, on insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une crise. Aucun remaniement n’est prévu pour le moment et Gérald Darmanin reste en poste. Dans les cercles de la majorité, l’option d’une dissolution est de plus en plus évoquée.
L’Elysée met en avant l’incohérence des partis qui ont soutenu la motion de rejet proposée par les écologistes, votée par la Nupes, le RN et une partie des Républicains. Ces groupes ne seraient unis que par leur volonté de renverser le gouvernement, estime-t-on du côté de la majorité.
Qu’en est-il maintenant du texte de loi ? Gérald Darmanin a affirmé que le gouvernement n’abandonnerait pas. Il y a donc deux hypothèses : soit le texte, dans sa version adoptée par le Sénat, retourne au Sénat avant de revenir à l’Assemblée, option jugée peu probable par l’entourage de Gérald Darmanin, ou bien on convoque les négociateurs de la commission mixte paritaire, constituée de députés et de sénateurs, chargés de trouver un compromis.
Si cette dernière option est retenue, le texte final risque d’être dur compte tenu de la composition majoritairement de droite de la CMP. Le texte devra ensuite être à nouveau présenté à l’Assemblée pour être définitivement adopté. Il sera alors nécessaire de convaincre l’aile gauche de la majorité. Une réunion dès la semaine prochaine est envisagée. En attendant, la prise de parole d’Emmanuel Macron lors du conseil des ministres du 12 décembre est attendue avec impatience.