Sur les principales voies d’origine, la hausse des tarifs est maintenue à un niveau contrôlé, cependant, elle est plus marquée sur les autoroutes nouvellement construites.
Une augmentation supplémentaire est à attendre pour les prochaines périodes de vacances. Les tarifs des péages d’autoroutes sont réajustés chaque année le 1er février. Cette année, l’augmentation moyenne est légèrement inférieure à 3% sur les principaux axes anciens. Cependant, les autoroutes les plus récentes, ouvertes au début des années 2000, ont vu une augmentation beaucoup plus importante, avec une moyenne de 4,6%. Au cours des dix dernières années, les tarifs de ces autoroutes plus récentes ont augmenté de plus de 36%, ce qui est près de deux fois plus que sur le réseau principal. Pourquoi une telle situation ?
Clément Beaune avait fait une promesse en novembre lorsqu’il occupait encore le poste de ministre délégué aux Transports. Après les augmentations importantes causées par l’inflation en 2023, l’ancien ministre avait assuré que l’augmentation pour 2024 serait « moins de 3% ». Les tarifs publiés cette semaine dans le Journal officiel indiquent que cette promesse a été respectée globalement pour les grandes concessions autoroutières traditionnelles, qui représentent 90% du réseau concédé.
Concrètement, l’augmentation est de 2,7% sur les routes gérées par ASF, Escota et Cofiroute, trois entreprises du groupe Vinci. Dans le nord-est, Sanef a appliqué une augmentation de 2,8%. Pour la SAPN, c’est 3,1%. Et les réseaux APRR et Area, qui sont propriétés d’Eiffage, ont tous les deux augmenté de 3%.
Augmentation des tarifs en 2024 sur le réseau principal
Source : Compagnies d’autoroutes
Crédits : 42mag.fr / Héloïse Krob
Augmentation des tarifs en 2024 sur le réseau récent
Source : Compagnies d’autoroutes
Crédits : 42mag.fr / Héloïse Krob
Comment peut-on justifier ces écarts ? Pierre Chasseray, le délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes, explique que tout repose sur les contrats. Les augmentations appliquées par les gestionnaires d’autoroutes sont réglementées. « Pour les entreprises traditionnelles, c’est 70% de l’inflation plus les coûts des travaux qui ont pu être réalisés », explique-t-il à 42mag.fr. « Mais les clauses ne sont pas les mêmes dans les contrats les plus récents. Là, ça peut aller jusqu’à 85% de l’inflation. Certaines compagnies d’autoroutes peuvent également tenir compte de la rentabilité liée à l’augmentation du trafic », ajoute le représentant de l’association.
Le résultat de ces différences de traitement se traduit dans le graphique ci-dessous, qui compare les augmentations de tarifs appliquées au 1er février. Toutes les augmentations les plus importantes concernent les autoroutes les plus récentes.
« Du point de vue des contrats, rien ne permet de crier au scandale tant que les clauses sont respectées sans exagération », déplore Pierre Chasseray, malgré le fait que chaque année, le fossé entre les routes gratuites et payantes continue de se creuser. L’analyse comparative des évolutions de tarifs démontre que l’écart entre les compagnies récentes et le réseau principal s’élargit également. Ainsi, en dix ans, les tarifs ont augmenté de plus de 36% en moyenne sur les nouvelles autoroutes contre 17% sur les plus anciennes.
Les courbes montrent une augmentation plus rapide des tarifs à partir de 2022. Il est possible que cette tendance se poursuive l’année prochaine. Les compagnies d’autoroutes ont effectivement menacé de faire passer la nouvelle taxe sur les profits excédentaires des concessions autoroutières et des grands aéroports, adoptée à la fin de l’année dernière dans le projet de loi de finances pour 2024, comme le rapporte le magazine Capital. En novembre dernier, le journal Le Parisien a estimé que cette mesure pourrait provoquer une augmentation supplémentaire de 5% en moyenne, en se basant sur des calculs faits par les concessions.
Pierre Chasseray met à son tour le gouvernement face à ses responsabilités. « 40% du prix du ticket de péage, ce sont des taxes », avance le représentant de l’association 40 millions d’automobilistes. « Si l’on veut que les compagnies se mobilisent, l’État doit aussi montrer l’exemple », insiste-t-il.