« Jean-Pierre Soisson s’est éteint en douceur, en présence de ses proches au crépuscule de ce jour », a affirmé mardi l’un de ses deux garçons, David Soisson.
Jean-Pierre Soisson, un personnage clé de la Bourgogne pendant de nombreuses années, est décédé à l’âge de 89 ans le mardi 27 février 2022, annonce sa famille à l’AFP. Ancien ministre et député de l’Yonne, Jean-Pierre Soisson est parti paisiblement, entouré de ses proches, en fin d’après-midi, selon David Soisson, l’un de ses deux fils. David a également révélé que son père, ancien maire d’Auxerre de 1971 à 1998, a lutté contre un cancer pendant plusieurs années.
Né le 9 novembre 1934 à Auxerre de parents industriels, Jean-Pierre Soisson a débuté sa carrière gouvernementale en 1974 en tant que secrétaire d’État aux Universités, rappelle France 3 Bourgogne-Franche-Comté. Par la suite, il est devenu ministre de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs en 1978 et a occupé ce poste jusqu’en 1981 sous le gouvernement Raymond Barre. Il est entré dans le gouvernement de Michel Rocard en qualité de ministre du Travail en 1988, poste qu’il a assuré jusqu’en 1991. Après son maintien à la Fonction publique pendant le mandat d’Edith Cresson (1991-1992), il a terminé son parcours ministériel en tant que ministre de l’Agriculture sous la direction de Pierre Bérégovoy (1992-1993).
Cet homme ayant une présence locale forte était l’un des cinq centristes élus présidents de région en 1998, grâce au soutien du Front national. François Patriat, socialiste et successeur de Soisson à la présidence régionale, a déclaré que cette alliance avec le FN était une tache qu’il aurait du mal à effacer.
« Un vrai travail de travailleur social »
Jean-Pierre Soisson, réputé pour sa grande proximité avec le terrain et son tutoiement spontané, entretenait de bonnes relations avec les élus locaux quelle que soit leur appartenance politique. Il défendait l’idée d’une « démocratie apaisée » et ne souhaitait pas incarner « l’homme du conflit ». Il vivait son engagement politique local comme « un vrai travail de travailleur social », spécialement dans un contexte où « il y a de moins en moins de curés et de médecins ».
L’auteur de plusieurs livres, dont « Charles le Téméraire » (1997) et « Paul Bert, l’idéal républicain » (2008), était aussi le père de deux fils. Il a consacré ses dernières années à l’écriture, notamment de ses mémoires intitulées « Hors des sentiers battus. Chronique d’une vie politique » (2015).
En novembre 2016, Jean-Pierre Soisson a obtenu la distinction de chevalier de la Légion d’honneur, à titre militaire, en raison de son engagement lors de la guerre d’Algérie.