Quand Emmanuel Macron formulait ses vœux, il avait particulièrement en tête les Jeux Olympiques en évoquant 2024 comme une année où la France pourrait se sentir fière. Toutefois, le problème majeur auquel se heurte actuellement l’état est la multiplicité des défis à relever.
Il reste 147 jours avant le coup d’envoi des Jeux olympiques de Paris 2024. C’est dans ce contexte qu’Emmanuel Macron se rend ce jeudi 29 février en Seine-Saint-Denis, afin d’inaugurer le village des athlètes. Cette visite s’impose pour le président, qui retourne sur le site après y avoir assisté au début des travaux en octobre dernier. Ce déplacement ne revêt pas simplement une portée symbolique. Il s’agit également d’un événement politique majeur, très opportun au vu des différentes tempêtes que traverse actuellement Emmanuel Macron. Ces difficultés se sont manifestées lors de sa tumultueuse venue au salon de l’Agriculture. Le président voit dans la préparation de ces jeux une occasion de porter un projet d’avenir ambitieux et bedonnant, d’esquisser le tableau de cette « année de fiertés françaises », qu’il avait évoqué lors de ses vœux du 31 décembre dernier. En résumé, l’organisation de ce colossal événement met le gouvernement sur le grill.
Sans conteste, la fin des Jeux olympiques et paralympiques au début du mois de septembre signera le commencement de la dernière phase du macronisme. Après les élections européennes du 9 juin, qui s’annoncent périlleuses pour la majorité présidentielle, le régime entamera la seconde moitié du second et ultime mandat d’Emmanuel Macron. La question de la succession deviendra alors prééminente. Plusieurs figures de poids réorienteront vraisemblablement leur visée vers 2027. Une fois assurée la protection des Jeux, Gérald Darmanin pourra envisager son futur post-ministère de l’Intérieur, Bruno Le Maire pourrait songer à sa vie en dehors du ministère de l’Économie, et Gabriel Attal peut-être désirera-t-il se libérer un peu de sa tutelle. Les Jeux offrent en somme une opportunité à Emmanuel Macron d’optimiser son départ.
Un intérêt tiède de la part du public
Pour le moment, l’événement est loin de susciter l’enthousiasme général. Plusieurs controverses ont au contraire engendré un véritable « bad buzz » : les coûts de quelques billets d’entrée perçus comme excessifs, la circulation dans la capitale attendue comme chaotique, l’augmentation du tarif du ticket de métro, sans oublier le relogement contraint des bouquinistes, qui a finalement été annulé. Tour à tour, Anne Hidalgo, Valérie Pécresse et même le président du comité d’organisation, Tony Estanguet — dont le salaire fait l’objet d’une enquête du parquet national financier — ont été incriminés à divers niveaux. Devant les prévisions d’une fuite massive des Parisiens, Anne Hidago a même supplié ses administrés de ne pas partir. « Ne partez pas, ce serait une connerie ! », a-t-elle supplié.
Pour Emmanuel Macron, il est crucial de contrer ce pessimisme ambiant pour redonner de l’éclat aux Jeux, et apporter du souffle au crépuscule de son quinquennat.