En Europe, les discussions concernant l’assistance à apporter à l’Ukraine dans le conflit armé attirent beaucoup l’attention des médias et des citoyens. Par ailleurs, à Kiev, les positions récentes exprimées par le président français Emmanuel Macron ont reçu un accueil favorable.
Dmytro a été tragiquement mêlé au conflit en Ukraine, lorsqu’il a perdu sa jambe droite après une année de bataille dans l’est du pays. Depuis, il garde un œil aiguisé sur les discussions contemporaines en France et à travers l’Europe. « Si j’ai bien compris, il est question d’envoyer des formateurs militaires. C’est encourageant, mais ce dont nous manquons le plus, ce sont des armes longue portée et des projectiles d’artillerie », clarifie Dmytro.
« Ils craignent aussi de se retrouver dans l’engrenage de la guerre »
Le Parlement français est sollicité ce mardi 12 mars pour délibérer et voter sur un pacte de sécurité conclu entre la France et l’Ukraine en février, qui stipule une aide militaire de trois milliards d’euros d’ici 2024. La prise de position récente du président français Macron qui a refusé de rejeter l’idée de mobiliser des forces françaises en Ukraine, sera l’un des principales questions à l’ordre du jour. Dmytro a exprimé sa satisfaction concernant l’attitude plus affirmée de Macron : « Tous les chefs européens devraient s’inspirer de Macron, il a révisé sa position et elle est devenue plus nette. »
Vers une intensification de l’aide européenne à l’Ukraine alors que ses forces armées semblent fléchir face à l’offensive russe, voilà ce que souhaite ardemment Vitaliy. « Aucun de nous ne veut voir des militaires français se sacrifier sur notre sol », confie cet homme de 37 ans. « Mais si nous ne stoppons pas la Russie ici, elle s’étendra plus loin, peut-être jusqu’en France. »
« Eux aussi ont peur de se retrouver emportés dans cette guerre. On ne peut pas les blâmer pour cela », tempère Alina, qui comprend les hésitations françaises à imaginer la pire des issues. À 21 ans, elle a dû quitter sa ville natale, Kherson, pour échapper aux conflits dès leur commencement. « Ils ne peuvent pas imaginer ce que c’est de voir des troupes ennemies pénétrer dans ta ville, de voir ta maison être la cible des bombardements. On ne peut pas comprendre cela tant qu’on ne l’a pas expérimenté », conclut-elle.