Au moment de sa sortie, Philadelphia, de Jonathan Demme (réalisateur du Silence des Agneaux et de Rachel se marie) est le premier film à gros budget qui évoque le SIDA et les conséquences médicales, sociales, personnelles et professionnelles de ce fléau.
Synopsis
L’histoire nous présente Andrew Beckett (Hanks), un jeune avocat talentueux, qui se voit confier une grosse affaire dans le cabinet qui l’emploie. Il est homosexuel et a le SIDA. Il n’en a parlé à personne dans son job, suite à des propos homophobes de ses patrons. Un jour, un associé remarque une lésion de Kaposi sur son visage. Dans les jours qui suivent, un incident avec son plus gros dossier incite ses patrons à le renvoyer pour faute. Andrew recherche alors un avocat pour le défendre dans un procès de licenciement abusif, argumentant que c’est à cause de sa séropositivité qu’il a été renvoyé.
Joe Miller (Washington), malgré son homophobie, prend en charge le dossier. Le procès s’annonce rude avec la réputation mise à mal de Beckett, jusqu’à la scène où Miller demande à Beckett d’ouvrir sa chemise pour montrer ses lésions de Kaposi. Il gagne le procès, juste avant la mort de Beckett.
Un film à voir et à revoir
Ce film est le premier qui présente les homosexuels de manière positive et c’est sûrement l’un de ces films qui changent Hollywood à jamais. Tom Hanks (qui a gagné Oscar, Golden Globe et plusieurs autres récompenses pour ce rôle) nous offre une performance magistrale. Sa transformation physique (11 kilos de moins pour les scènes finales) – ou plutôt sa détérioration physique est impressionnante, tout comme son jeu… Denzel Washington, en avocat homophobe et terrorisé par le SIDA, est tout aussi bon et certaines de ses répliques arrivent à provoquer le rire dans un film pourtant purement dramatique (Le « expliquez moi comme si j’avais 4 ans » est cultissime). La bande-son avec la superbe chanson du « Boss » (Oscar, Golden Globe et Grammy de la meilleure chanson de film) ajoute à cette intensité dramatique, tout comme les excellents seconds rôles (Jason Robards et Antonio Banderas en tête…).
Le contexte dans lequel le film sort est lui aussi important. Nous sommes en 1993. L’homophobie règne. Le SIDA est cette terrible maladie dont on meurt. A cette époque, on croit encore que le SIDA peut se transmettre en serrant la main de quelqu’un.
Faire ce film à cette époque était non seulement courageux, mais aussi révolutionnaire. Merci Jonathan Demme.