Dans l’émission Tout Public diffusée le mardi 14 janvier 2025, le cinéaste David Oelhoffen et l’auteur Sorj Chalandon ont discuté du film « Le Quatrième mur ». Cette édition mettait également en avant la 35e édition du Festival Flamenco de Nîmes.
Le film Le Quatrième mur, dirigé par David Oelhoffen, est une adaptation fidèle du roman du même nom écrit par Sorj Chalandon et publié par les éditions Grasset. Située à Beyrouth dans les années 1980, cette œuvre cinématographique suit Georges, un metteur en scène rêvant d’utopie, qui s’embarque pour le Liban, un territoire qu’il ne connaît pas, afin de mettre en scène l’Antigone de Jean Anouilh en pleine guerre. Sorj Chalandon, journaliste et auteur du livre, remarque que le film réussit là où le personnage principal échoue. « Tandis que Georges ne parvient pas à monter sa pièce, David Oelhoffen a su réaliser son film en réunissant des acteurs issus des différents camps », explique-t-il. Chaque acteur, bien que venant de backgrounds variés, a incarné des rôles qui n’étaient pas en accord avec leur propre confession. « Il est allé plus loin que Georges, demandant aux artistes de représenter la douleur de l’autre camp », ajoute-t-il.
Cette fusion entre imaginaire et réalité se poursuit, le tournage ayant eu lieu en 2022, « juste avant que la guerre n’éclate de nouveau », se remémore David Oelhoffen. « Filmer au Liban offre un mélange entre l’époque actuelle et le passé, » exprime-t-il, sa détermination à tourner dans le cadre original du livre étant une priorité.
« J’ai d’emblée compris que c’était un film sur la frontière floue entre le rêve et la réalité. Il était crucial pour moi de capturer l’essence réelle du Liban, de Beyrouth. »
David Oelhoffen42mag.fr
Comme Sorj Chalandon durant sa carrière de reporter à Beyrouth, Georges est témoin de l’atroce massacre de Sabra et Chatila en 1982. « Représenter un massacre au cinéma soulève de nombreuses questions esthétiques et éthiques… On craint de tomber dans l’indécence, » confie le réalisateur. Il partage qu’il s’est « appuyé sur les écrits de Sorj, cherchant à filmer la peur sur un visage plutôt que la terreur elle-même. » Sorj Chalandon approuve cette approche esthétique. « J’ai revécu l’expérience cinématographique telle que je l’ai vécue concrètement. Nous ne tombons pas dans l’obscène, mais pratiquons une retenue respectueuse. »
Le film Le Quatrième mur sera projeté dans les salles à partir du 15 janvier 2025.
La nouveauté au rythme du flamenco
Thierry Fiorile emmène les auditeurs de Tout Public sur les rives de la Méditerranée, précisément à Nîmes, lieu où se déroule cette année encore le Festival Flamenco, qui souffle ses 35 bougies. Au fil des années, cet événement a su se professionnaliser, alliant mises en scène raffinées et des artistes qui, tout en gagnant en sagesse, continuent d’exploiter les avancées technologiques et scéniques pour exprimer leur créativité débridée. Un exemple en est Niño de Elche, dont les performances vocales et buccales ouvrent de nouvelles perspectives, tout en restant ancrées dans les traditions gitanes et l’essence brute du flamenco. Son spectacle allie éclairages, guitare, et musique électronique pour une expérience inédite. « De nombreux artistes de flamenco souffrent de complexes, » explique le chanteur. « Ils aspirent à devenir de grands musiciens classiques, docteurs en musique, dotés d’une technique irréprochable et d’un rythme parfait. Mais ils ont oublié la dissonance, la rugosité, la vitalité du flamenco, tout ce qui, moi, m’intéresse. Le sacré et le profane se mêlent de manière indissociable, surtout dans un flamenco iconoclaste. »
Une autre figure de cette 35e édition, la danseuse Ana Pérez, utilise l’innovation pour réinventer son art. Elle fusionne groove et flamenco dans son spectacle. « C’est la première fois que je me positionne également comme musicienne sur scène, pas seulement comme danseuse flamenca », partage-t-elle avec 42mag.fr. Elle exprime son enthousiasme quant à sa présence à Nîmes. « Cette ville respire le flamenco. C’est fascinant de s’adresser à un public averti qui apprécie et souhaite découvrir de la nouveauté. »
Concerto en 37 ½ par Ana Pérez se tiendra le jeudi 16 janvier 2025 au Théâtre de Nîmes.
La 35e édition du Festival Flamenco se déroule au Théâtre de Nîmes, du 9 au 18 janvier 2025.
Une émission en partenariat avec Thierry Fiorile, journaliste culturel chez 42mag.fr.