La chaîne de télévision payante a signé un partenariat monétaire avec les associations du milieu cinématographique, ce qui lui offre la possibilité d’élargir sa programmation de films.
Le 3 mars, Canal+ a révélé un nouvel engagement avec le secteur du cinéma français, par lequel il demeurera le principal investisseur, en promettant d’injecter « au moins 480 millions d’euros » d’ici 2027. Cet arrangement garantit également à la chaîne la possibilité de diffuser les films six mois après leur sortie en salles.
Selon le communiqué, les engagements financiers de Canal+ seront de 150 millions d’euros pour 2025, de 160 millions pour 2026, et de 170 millions pour 2027. À noter que les investissements précédents s’élevaient à environ 220 millions d’euros annuellement.
Prolongation de la diffusion pour plus de films
L’entente, conclue avec les représentants du cinéma tels que Blic, Bloc et ARP, concerne également « Canal+ et Ciné+ OCS« , comme précisé dans le communiqué. Elle conserve pour Canal+ un rôle clé et exclusif dans l’organisation des diffusions des œuvres cinématographiques, que ce soit sur les plateformes numériques ou à la télévision, après leur présentation en salles.
Effectif « au 1er janvier 2025 de manière rétroactive » et « reconductible automatiquement« , ce nouvel accord donne par ailleurs à Canal+ la possibilité « d’augmenter le nombre de diffusions de films sur ses chaînes classiques et de prolonger la disponibilité des films sur sa plateforme« .
Confrontation avec Disney+
La signature de cet accord met un terme à une période de négociations difficiles entre Canal+ et l’industrie du cinéma, dans un contexte où la chaîne menaçait de réduire drastiquement ses financements face à la concurrence croissante de Disney+ sur le marché cinématographique en France.
À la fin de janvier 2025, lors de la renégociation de la chronologie des formats media, Disney+ avait noué un accord sur trois ans pour permettre la diffusion de films neuf mois après leur sortie initiale, contre dix-sept mois auparavant, grâce à leurs investissements accrus dans le cinéma français.
Fidélisation par le contenant cinématographique
Comme l’a expliqué Maxime Saada, le président de Canal+, lors d’une audition au Sénat, « Disney se situe à 9 mois pour un investissement de 35 millions d’euros par an [ceci restant non confirmé par Disney], en comparaison au positionnement de Canal+ à 6 mois pour 220 millions d’euros« .
« La principale interrogation pour les représentants du cinéma » était, selon lui : « préfèrent-ils un modèle où Canal+ contribue de manière significative« , se traduisant par une certaine forme de dépendance, « ou souhaitent-ils s’affranchir de cette dépendance au risque de perdre entre 150 et 200 millions d’euros d’investissements potentiels ?« .
Canal+ a exprimé sa satisfaction sur le réseau social X, soulignant le « renouvellement » positif de cette collaboration avec le cinéma français. « Le cinéma est le principal moteur de l’abonnement à CANAL+« , a ajouté le groupe dans son communiqué.