Le bus fonctionnant à l’hydrogène dévoilé mardi à Marseille représente une avancée technologique notable, étant capable de couvrir presque mille kilomètres sans avoir besoin de refaire le plein d’hydrogène, ce qui en fait le premier véhicule électrique à offrir une telle autonomie.
Le mardi 8 avril, a eu lieu à Marseille la présentation d’un autocar fonctionnant à l’hydrogène. Malgré son allure de bus ordinaire, ce véhicule est particulier car il ne consomme pas de carburant traditionnel et contribue ainsi à réduire la pollution. Avant une éventuelle diffusion à large échelle, il doit subir des essais pratiques en situation réelle avec des passagers. Le premier test est prévu dès mercredi, reliant Marseille à Briançon.
Le moteur a été démarré par le conducteur dans un quasi-silence, à l’intérieur comme à l’extérieur du car. « C’est étonnamment silencieux. Lorsqu’on roule, c’est impressionnant, on n’entend rien« , s’extasie-t-il. À l’arrière, là où normalement un moteur classique émet ses gaz d’échappement, c’est un autre sentiment : un bruit rappelant celui d’un aspirateur peut être perçu.
« Dans un véhicule à hydrogène, c’est la pile à combustible qui convertit l’hydrogène en électricité par un processus chimique dont l’unique rejet est de l’eau« , détaille Arnaud Burban, le responsable France de l’entreprise espagnole Irizar, constructeur de cet autocar. Ainsi, seule de la vapeur d’eau est libérée, éliminant toute émission de gaz à effet de serre. Ce bus peut accueillir environ cinquante passagers pour parcourir environ 300 kilomètres, entre Marseille et Briançon, mais il est capable de couvrir une distance de mille kilomètres avec un seul ravitaillement en hydrogène. Cette autonomie est un atout majeur en comparaison des bus électriques, souligne Yann Pellegrin, le responsable de SCAL, la compagnie de transport employant les chauffeurs.
Recharge rapide, mais coûteuse
« Actuellement, il n’existe pas de véhicules électriques équivalents sur le marché. Pour parcourir 1 000 kilomètres, il faudrait remplacer tous les sièges par des batteries. Le ravitaillement ne prend que 10 à 15 minutes.« , indique Yann Pellegrin, directeur de la SCAL.
Bien que le chargement de ce bus soit rapide, il demeure onéreux, en plus d’un coût initial d’achat deux fois supérieur à celui d’un diesel. Pour rentabiliser ce type d’investissement, le prix de l’hydrogène devra diminuer, car il est actuellement trop élevé et varie selon les stations. « Il se situe actuellement entre 6 et 20 euros par kilo. Pour un véhicule de ce type, la rentabilité est estimée lorsque le coût passe sous les 10 euros par kilo. À l’heure actuelle, cela est plus cher qu’utiliser du diesel, car la filière hydrogène est encore en développement« , souligne Arnaud Burban d’Irizar.
Guénaël Bonneau, directeur commercial d’Irizar pour la France, explique que « Dans cette situation, nous nous retrouvons quelque peu dans une impasse.
« Sans une volonté politique ferme et un engagement pour décarboniser, nous n’atteindrons pas nos objectifs. »
Guénaël Bonneau, directeur commercial d’Irizar Franceà 42mag.fr
Les responsables politiques locaux sont pour l’instant prudents. Le test réalisé sur une journée entre Marseille et Briançon ne présage pas encore une implantation généralisée. Les futurs appels d’offres de la région devront préciser si l’hydrogène sera privilégié à long terme pour le transport.
Des véhicules similaires à hydrogène circulent déjà dans des villes comme Pau, Clermont, en région Auvergne-Rhône-Alpes et en Normandie, mais ceux-ci sont conçus pour des trajets plus courts.