Les socialistes se trouvent aujourd’hui dans une phase où l’unité est essentielle, alors que la victoire d’Olivier Faure s’est jouée de justesse. Il n’a réussi à conserver la direction du Parti socialiste qu’en devançant Nicolas Meyer-Rossignol de seulement quelques centaines de suffrages, témoignant ainsi d’une compétition particulièrement serrée au sein du parti.
Le Parti socialiste reste profondément divisé alors que son congrès s’est ouvert vendredi 13 juin et se poursuit tout le week-end à Nancy, en Meurthe-et-Moselle. Olivier Faure, le secrétaire national sortant, a été reconduit à la tête du parti début juin, mais de justesse, face à son principal adversaire interne, Nicolas Mayer Rossignol, maire de Rouen. Cependant, ce rendez-vous à Nancy ne suscite guère l’enthousiasme parmi les militants et ne permet pas d’éclaircir la direction politique interne du PS.
Comme ce fut déjà le cas après le congrès de 2023, Olivier Faure a remporté une victoire serrée contre Nicolas Mayer Rossignol. Depuis, le leader sortant peine à asseoir une majorité nette au sein du parti, remarque Mireille, une militante venue du Var : « Son élection n’est pas très confortable, il est en position fragile. C’est une constante des derniers congrès, ça promet d’être compliqué. »
Pour cette retraitée, qui ne soutenait pas Olivier Faure, le risque est que le PS s’enlise, partagé entre deux courants quasiment à égalité. Le parti semble stagner, selon Charles, délégué socialiste de la Creuse : « C’est ce qu’on a connu ces deux dernières années. Personnellement, je ne souhaite pas que cela se reproduise. » Ce partisan de Nicolas Mayer-Rossignol espère que le premier secrétaire saura intégrer cette victoire au finish dans ses choix futurs : « Quand deux tendances se tiennent presque à égalité, il faut avoir la sagesse de chercher un compromis. »
« Il est temps de rassembler »
La question de savoir si Olivier Faure inclura ses rivaux dans l’appareil dirigeant du PS doit être tranchée durant ce week-end de congrès. « L’heure est au rassemblement », assure Johanna Rolland, maire de Nantes et proche collaboratrice de Faure. Malgré cela, les partisans de ce dernier réfutent l’idée que le PS soit fracturé et affaibli. « Ce raisonnement est assez surprenant, souligne un militant rochelais, car dans une élection, si vous obtenez 50 % plus une voix, vous avez gagné, point final. On ne vient pas dire : ‘Votre ville est divisée en deux’ ou ‘votre département aussi’. » Selon Arthur, militant à Paris, le PS n’est pas un parti sans cap : « C’est un parti qui possède une orientation stratégique claire, validée par 60 % des adhérents. »
Cependant, pour Nicolas Mayer-Rossignol, battu par Faure, la ligne défendue par le premier secrétaire manque de clarté, notamment à propos de la relation avec La France insoumise. Même si Olivier Faure assure qu’il rejette toute alliance nationale avec les insoumis aux municipales de 2026.