Le ministre en charge des finances a abordé, au cours d’un entretien accordé à « La Tribune dimanche », les répercussions des décisions adverses prises par l’administration américaine concernant les secteurs de l’armement, de l’industrie de la défense, ainsi que la sauvegarde de nos intérêts économiques.
Il mise sur ce qu’il qualifie de « moment européen ». Lors d’une interview publiée dimanche 29 juin dans La Tribune, le ministre de l’Économie, Eric Lombard, considère que la politique tarifaire agressive et la nouvelle stratégie adoptée par l’administration Trump aux États-Unis ouvrent des perspectives intéressantes pour la France ainsi que pour l’Union européenne. Selon lui, « ces chocs que nous traversons représentent une opportunité pour l’Europe de jouer pleinement ses cartes ». Il affirme également que le président américain « a stimulé l’Europe, notamment sur les questions d’armement, de secteur de la défense et de défense de nos intérêts commerciaux ». Par ailleurs, mettant en avant la « stabilité politique » propre à l’Union européenne, Eric Lombard assure que « en ce XXIe siècle, l’Europe est le continent où l’investissement est à privilégier ».
Alors que Donald Trump menace d’importantes hausses des taxes douanières dans le but de relancer l’industrie nationale américaine, Eric Lombard reste persuadé qu’un compromis est encore possible, notamment à travers des négociations portant sur les exportations énergétiques en provenance des États-Unis vers l’Europe. Il indique que l’accord entre ces deux zones économiques majeures pourrait « porter particulièrement sur le gaz naturel liquéfié », selon ses dires. « L’Europe importe encore du GNL russe. Par ailleurs, trois installations de liquéfaction de gaz naturel sont en cours de construction dans le golfe du Mexique. Nous pourrions donc accroître nos importations de gaz américain, et cette possibilité pourrait servir de levier pour éviter une augmentation de 10 % des tarifs douaniers », a-t-il expliqué en détail.
Appel à la fermeté face aux États-Unis
Confronté à la rigidité de l’administration américaine, Eric Lombard prône une attitude ferme. « Les premières mesures de rétorsion portant sur 22 milliards d’euros d’importations originaires des États-Unis sont pour l’instant suspendues. Nous collaborons activement avec la Commission européenne sur un second volet de mesures, beaucoup plus étendu », a-t-il révélé, en ajoutant toutefois que « l’idéal serait d’aboutir à un accord sans avoir à recourir à ce type de riposte ». Le président Trump a fixé au 9 juillet la date limite pour la mise en œuvre de cette hausse douanière. Eric Lombard nourrit l’espoir d’« un nouveau report » afin de privilégier « un bon compromis plutôt qu’un mauvais accord » à cette échéance.