Interdit par la Constitution de se présenter une nouvelle fois à la prochaine élection présidentielle et tenu de diriger sans disposer d’une majorité parlementaire depuis 2022, Emmanuel Macron a appelé ses partisans à la discipline samedi 5 juillet lors d’un rassemblement. Il leur a fermement demandé de se concentrer sur l’action concrète dans le présent, au lieu de se projeter prématurément vers l’échéance de 2027.
François Bayrou dispose désormais d’une semaine seulement pour finaliser le projet de budget qu’il s’est engagé à présenter avant le 15 juillet. En attendant, ce lundi 7 juillet à midi, le Premier ministre est convié à un déjeuner à l’Élysée en compagnie des ministres concernés par le dossier. Emmanuel Macron, qui a organisé samedi un rassemblement au Cirque d’hiver avec les jeunes membres de son parti, a insisté auprès de François Bayrou pour qu’il maîtrise les déclarations de son gouvernement, signe évident que le chef de l’État entend maintenir la pression.
« On va se dire les choses, plaisante un membre du gouvernement, avec le président, on ne fait ni décoration murale, ni peinture ou arts plastiques… » Ce qui signifie qu’Emmanuel Macron s’investit directement dans les projets gouvernementaux. Cette prise en main, peu ouverte, intervient alors que le compte à rebours touche à sa fin pour François Bayrou, qui annoncera le mardi 15 juillet les modalités et les secteurs où seront réalisées les économies de 40 milliards d’euros.
Une dissolution à envisager ?
Les limites fixées par le président de la République sont bien claires : pas d’augmentation d’impôts, protection de l’attractivité du pays et maintien ferme du budget militaire. En privé, Emmanuel Macron se montre agacé par les prétentions de certains, par l’inaction du gouvernement et exhorte à « passer à l’action ». « Il cultive l’image de son deuxième quinquennat », reconnait une ministre. Mardi, Emmanuel Macron retrouvera une prérogative importante : celle de dissoudre l’Assemblée nationale. En effet, il redeviendra officiellement capable de prendre cette décision à partir du 8 juillet, à peine un an après le second tour des législatives anticipées.
Questionné par la presse vendredi 4 juillet, lors d’un déplacement à Saint-Germain-en-Laye, il a évité de répondre directement : « Les Français souhaitent que tout le monde travaille ensemble et que des résultats concrets soient obtenus pour améliorer la vie quotidienne », a-t-il déclaré. « J’ai un mauvais pressentiment », confie un conseiller, avant de conclure : « Si le gouvernement échoue une nouvelle fois sur le budget, la dissolution deviendra inévitable ».