Il est possible que, dans un avenir proche, les juges d’instruction soient chargés d’enquêter sur des accidents ayant entraîné des décès survenus en France, parmi lesquels figure le plus récent, survenu dans la Marne le 11 juin.
Une enquête judiciaire a été lancée le 16 avril, visant notamment des chefs d' »escroquerie aggravée » et de « mise en péril de la vie d’autrui », dans le cadre de l’affaire des airbags défectueux Takata, a indiqué le parquet de Paris à l’AFP, vendredi 20 juin. Les investigations pourraient par ailleurs s’étendre à trois accidents ayant entraîné des décès. À ce jour, trois parquets ont en effet renoncé à leur compétence au profit de celui de Paris pour les enquêtes qu’ils menaient sur des accidents mortels survenus dans leur ressort. “Dès réception officielle des dossiers,” le parquet de Paris “pourra saisir, en complément, les magistrats instructeurs.”, a-t-il précisé.
Le 3 juin, le parquet de Tarbes a ainsi transmis une enquête préliminaire lancée à la suite de l’explosion d’un airbag Takata survenue le 18 novembre 2023 à Galan (Hautes-Pyrénées), accident ayant causé la mort d’un homme né en juillet 1972, conducteur d’une C3. Le même jour, le parquet de Fort-de-France a également abandonné une enquête préliminaire ouverte à la suite d’un déclenchement d’airbag Takata le 28 décembre 2021 aux Trois-Ilets (Martinique), qui avait entraîné le décès d’un homme né en avril 1954, lui aussi au volant d’une C3.
Le 17 juin, dans le même esprit, le parquet de Reims s’est dessaisi d’une enquête préliminaire liée à l’explosion d’un airbag Takata survenue le 11 juin 2025 à Reims, accident ayant causé la mort d’une femme née en octobre 1988, conductrice d’une C3 également. Suite à ce dernier incident mortel dans la Marne, le constructeur Citroën a réclamé mardi la mise à l’arrêt immédiate en Europe de tous les véhicules des modèles C3 et DS3 encore équipés de ce type d’airbags potentiellement dangereux.
Le parquet de Paris a également signalé que d’autres enquêtes judiciaires ont été ouvertes et que plusieurs dépôts de plaintes ont été enregistrés dans d’autres tribunaux, soulignant par là que, pour le moment, sa juridiction n’a pas été saisie de l’ensemble des dossiers concernant les airbags Takata.