Lors de sa troisième journée de visite officielle au Royaume-Uni, Emmanuel Macron s’est entretenu avec le Premier ministre britannique, Keir Starmer. Leur discussion a porté en particulier sur la question de l’immigration clandestine. Face à l’augmentation sans précédent du nombre de traversées illégales de la Manche, les deux chefs d’État sont parvenus à un accord visant à renvoyer en France les migrants qui ont rejoint le territoire britannique de manière illégale par voie maritime.
Ce passage fait partie de la transcription du reportage mentionné ci-dessus. Pour visionner la vidéo complète, cliquez sur le lien.
Avec une mer calme et un ciel dégagé, les passeurs en tirent profit. Ce jour encore, près de 200 migrants ont atteint les rivages anglais, secourus par les garde-côtes britanniques. Face à un record dans le nombre de ces traversées, Paris et Londres ont décidé de modifier leur stratégie de lutte contre ces passages illégaux en mettant en place un mécanisme d’échange de migrants.
« Pour la première fois, des migrants débarquant par la mer seront placés en centre de rétention puis rapidement renvoyés en France, a déclaré Keir Starmer, premier ministre britannique, le 10 juillet. En contrepartie de chaque renvoi, une personne sera autorisée légalement à entrer au Royaume-Uni. »
L’objectif de cet accord est clair : freiner les traversées illégales. Chaque migrant que la France accepterait de reprendre ferait place à un demandeur d’asile résidant en France et souhaitant entrer de manière légale au Royaume-Uni. Le projet pilote devrait commencer bientôt et concernerait initialement environ 50 migrants chaque semaine. En France, les organisations humanitaires dénoncent vivement cet accord.
« Une perte d’humanité envers les migrants »
« Il y a déjà une forme de déshumanisation, car ces personnes ne sont plus seulement perçues comme des migrants, mais qualifiées de clandestins, critique Flore Judet, membre de l’association ‘l’Auberge des migrants’. Mais cet accord concrétise cette perspective en échangeant littéralement des individus. »
La maire Divers Droite de Calais, Natacha Bouchart, un des lieux où se concentrent de nombreux migrants, s’inquiète pour la gestion des personnes retournées du Royaume-Uni. « Ce que l’on sait, c’est qu’on va être coincés entre les départs qu’on peine déjà à gérer, et désormais les retours. Mais les retours, où vont-ils se passer ? Comment gérer cela ? »
Par ailleurs, un autre changement est prévu : la France devrait modifier sa politique actuelle qui interdit toute intervention après le départ des embarcations. À l’avenir, les forces de sécurité pourraient intervenir dans des eaux peu profondes.