Critique virulent du pouvoir de Vladimir Poutine, cet écrivain âgé de 69 ans figure parmi les écrivains les plus appréciés en Russie. En exil depuis environ dix ans, il n’a pas hésité à ridiculiser publiquement la décision rendue par une cour militaire.
Boris Akounine, célèbre auteur russe et critique du régime, vivant à l’étranger depuis plus d’une décennie, a été condamné par contumace ce lundi 14 juillet à une peine de quatorze ans de prison, ont rapporté les agences gouvernementales russes le même jour. Âgé de 69 ans, ce romancier renommé pour ses œuvres historiques s’est affiché en opposition au Kremlin et à son offensive militaire en Ukraine.
Il figure déjà sur la liste des « terroristes et extrémistes » ainsi que dans celle des « agents de l’étranger », un statut assorti de mesures restrictives souvent utilisées pour réprimer les dissidents. Le 14 juillet, une juridiction militaire l’a « condamné par contumace à 14 ans d’emprisonnement » sur la base d’une accusation de justification du « terrorisme », selon l’agence officielle Ria Novosti. Cette sanction fait suite à un message publié en 2014 sur l’application Telegram dans lequel il appelait à « une révolution » en Russie, rapporte le site indépendant Mediazona.
Une sanction incluant une coupure d’internet
En plus, il a été déclaré coupable de « soutenir des activités terroristes » et de ne pas avoir respecté « ses obligations déclaratives en tant qu’agent de l’étranger ». Sur sa page Facebook, Boris Akounine, dont le vrai nom est Grigori Tchkhartichvili, a tourné en dérision cette décision, qui comprend aussi une interdiction d’utiliser internet.
Il a ironisé sur une éventuelle reprise de ses publications sur les réseaux sociaux seulement « en 2043 », ou « peut-être un peu plus tôt, juste après que Poutine ait été élu pour un septième mandat ». Avec humour, il a affirmé qu’il reviendrait « en pleine forme, à 87 ans, totalement rééduqué ».
Opposé à l’annexion de la Crimée
Malgré son exil, Boris Akounine reste l’un des auteurs les plus lus en Russie, d’après un sondage publié samedi 12 juillet par le journal Vedomosti. Il a quitté le territoire russe à la suite de l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie en 2014.
La liste des « agents de l’étranger » regroupe aujourd’hui environ mille personnes, comprenant des figures célèbres telles que les écrivains Lioudmila Oulitskaïa et Boris Akounine, ainsi que des journalistes et des opposants notoires.