Jeudi 16 juillet, la Commission européenne doit dévoiler sa proposition concernant le cadre financier pluriannuel s’étendant de 2028 à 2034. Toutefois, cette annonce suscite une vive inquiétude parmi les acteurs du secteur agricole ainsi que leurs soutiens au sein des institutions bruxelloises, qui redoutent pour l’avenir des fonds destinés à la Politique agricole commune (PAC).
La Commission européenne dévoile ce mercredi 16 juillet son projet de budget pluriannuel. Ce dernier sera ensuite soumis à des négociations avec les États membres ainsi que le Parlement européen au cours des prochains mois. À l’instar de la France, la défense devrait occuper une place importante dans les priorités budgétaires. Par ailleurs, l’évolution de la Politique agricole commune (PAC), qui représente la principale enveloppe financière de l’Union européenne, fera l’objet d’une attention toute particulière, d’autant que les tensions dans le secteur agricole restent vives et pourraient s’embraser à nouveau dans plusieurs pays européens.
Les agriculteurs craignent surtout que les crédits qui leur sont spécifiquement dédiés ne soient dilués au sein d’un budget plus large, englobant les aides régionales.
La nécessité de garantir la protection des fonds agricoles
La fusion éventuelle des financements agricoles avec un fonds global risquerait de rendre plus difficile le suivi précis des montants alloués aux exploitants. « Si jamais les fonds dédiés à l’agriculture étaient regroupés dans un fonds unique, il est essentiel que ces sommes bénéficient d’une sorte de protection inviolable », indique Céline Imart, eurodéputée de droite et elle-même agricultrice, qui entend rester très attentive à ce dossier particulièrement sensible. « Il est impératif que ces crédits soient strictement préservés. »
« Il serait inconcevable, au niveau des États membres, de renégocier ces fonds agricoles chaque année avec Bercy ou les ministères concernés. »
Céline Imart, eurodéputéeà 42mag.fr
Une autre source d’inquiétude importante tourne autour du recentrage budgétaire en faveur de la Défense, au détriment selon eux des agriculteurs. Ce point est aussi exprimé à l’Assemblée européenne par l’eurodéputé irlandais Luke Flanagan, représentant la gauche. « Les pays d’Europe envisagent de consacrer environ 5 % de leur richesse nationale à l’armement, alors que moins de 0,5 % est dépensé pour garantir notre alimentation. Il faudrait d’abord investir dans notre sécurité alimentaire avant de financer l’armement », déclare-t-il.
En réaction, plusieurs syndicats agricoles européens ont programmé une manifestation ce mercredi 16 juillet, devant les locaux de la Commission européenne à Bruxelles.