Depuis qu’il a dévoilé son programme de réduction des dépenses, le chef du gouvernement se retrouve confronté à une vague de reproches, y compris venant de ses alliés politiques. Pendant ce temps, certains préfèrent garder le silence et ne pas s’exprimer.
Les réactions de l’opposition se font particulièrement virulentes après la divulgation, mardi 15 juillet, des orientations envisagées pour le budget 2026. Tant la gauche que le Rassemblement national menacent déjà d’engager une motion de censure contre le gouvernement. Mais qu’en est-il des partenaires de François Bayrou ? Sont-ils solidaires du Premier ministre ? L’un de ses anciens prédécesseurs à Matignon sort les armes lourdes.
La journée avait pourtant débuté sur une note plutôt encourageante pour François Bayrou, avec une conférence de presse mardi matin où Laurent Wauquiez s’est montré plutôt bienveillant. Le chef des députés LR ne brandit pas la menace d’une censure. Au contraire, il reconnaît que ce plan a « l’avantage de chercher à apporter des solutions », même s’il estime qu’il doit être « corrigé et amélioré », ce qui tranche avec ses prises de position généralement plus tranchées.
Les critiques acerbes d’Édouard Philippe, l’absence remarquée de Gabriel Attal
Pourtant, seulement quelques heures plus tard, Édouard Philippe passe à l’offensive dans les colonnes du Parisien. Selon l’ancien chef du gouvernement, « presque rien dans ce que François Bayrou avance ne vient résoudre le problème », qualifiant ce projet de simple « plan d’urgence » qui « ne comporte aucune transformation profonde ». Édouard Philippe dénonce l’absence de « réformes structurelles » des politiques publiques dysfonctionnelles, refusant de se prononcer sur un éventuel vote favorable de ses députés lors du débat budgétaire à l’automne.
Un proche de François Bayrou confie à ce propos : « Ça m’a tellement agacé que je n’ai pas lu l’article jusqu’au bout ! » Avant d’ajouter amèrement : « Quand on a des alliés comme ça, on n’a pas besoin d’ennemis ». D’autant plus qu’Édouard Philippe n’est pas le seul au sein du centre droit à critiquer ouvertement le plan présenté par le Premier ministre ou à rester étonnamment silencieux. Gabriel Attal, chef des députés Renaissance, incarne cette retenue : depuis mardi soir, aucune prise de parole ni réaction publique.
« Une attitude de facilité et de dérobade »
Des doutes se manifestent également du côté des députés macronistes concernant la suppression de deux jours fériés, une mesure qui suscite également l’opposition chez les Républicains. Aurélien Pradié, voix régulière de la droite modérée sur les réseaux sociaux, exprime clairement son désaccord sur X (ex-Twitter). Il dénonce dans les propositions de François Bayrou « une approche de facilité et de lâcheté ». Et de marteler que « rogner sans cesse sur les acquis et réprimer n’est pas un acte de courage politique. Accepter le mauvais, c’est renoncer ». Ses critiques s’adressent autant au gouvernement qu’à sa propre famille politique.
Alors, le centre-droit demeure-t-il uni ? Cette question n’est désormais plus taboue au sein de l’entourage de François Bayrou. Un conseiller du ministre livre une analyse sans détour : « Il faut comprendre une chose dans la psychologie des élus : l’intérêt général leur importe peu. Seul leur avenir personnel les préoccupe… Et l’échéance de 2027 se rapproche à grands pas ! »