Alors que ce sont 2,5 millions de voitures dotées d’airbags de la marque Takata qui nécessitent un rappel, et que parmi elles, 1,7 million sont actuellement hors d’usage, quelles sont les protections accordées aux automobilistes français touchés par ce problème ? La présidente de l’association UFC-Que Choisir a donné son point de vue mercredi lors d’une intervention sur 42mag.fr.
« Nous sommes en plein chaos, sans aucune préparation », dénonce ce mercredi 25 juin sur 42mag.fr Marie-Amandine Stévenin. La présidente de l’association de consommateurs UFC-Que choisir s’interroge vivement sur la décision soudaine prise par le gouvernement mardi soir, qui ordonne l’immobilisation de 800 000 véhicules supplémentaires, en raison des dangers associés aux airbags Takata, et ce à seulement quinze jours du début des vacances d’été.
Le nombre total de voitures concernées par cette immobilisation obligatoire, appelée « stop drive », passe désormais à 1,7 million. Cette mesure impose un arrêt complet des véhicules concernés jusqu’au remplacement des airbags défectueux. Sont ainsi touchées toutes les voitures équipées de ces airbags, toutes marques confondues, en Outre-mer et en Corse, ainsi que celles antérieures à 2012 sur le territoire métropolitain. Ce sont donc un très grand nombre de véhicules à prendre en charge pour réparation, alors que les garages peinent à absorber cette surcharge, allongeant considérablement les délais d’intervention. « Cela dure depuis quatorze mois, c’est dommage qu’aucune solution n’ait vraiment été mise en œuvre », regrette Marie-Amandine Stévenin, soulignant que cette nouvelle décision survient « juste avant les départs massifs en congés d’été ».
Le danger que plusieurs conducteurs roulent malgré la consigne
La présidente d’UFC-Que Choisir réclame désormais des « engagements clairs » à destination des automobilistes impactés par cette mesure. « Le consommateur doit avoir la certitude (…) qu’il pourra soit bénéficier d’un véhicule de remplacement, soit disposer d’une alternative, par exemple via le remboursement d’une location ou même de billets de train », insiste-t-elle. Faute de quoi, elle redoute que beaucoup continuent à utiliser leur voiture, au mépris du danger.
Au cœur du dossier, la représentante des consommateurs dénonce également le manque de rigueur des constructeurs automobiles vis-à-vis des risques liés à ces airbags défectueux. « Les évaluations du danger n’étaient pas pleinement fiables, car des accidents mortels ont encore lieu dans des zones qui n’étaient pas considérées comme à risque », précise-t-elle, en évoquant notamment le décès survenu le 11 juin dernier à Reims, où une conductrice de 36 ans a perdu la vie suite à l’explosion de son airbag.
Depuis que la menace que représentent les airbags Takata a été identifiée, 18 décès sont à déplorer, dont 16 en Outre-mer et 2 en métropole. Le ministère des Transports recense également 25 personnes blessées. Dès le début de l’année, UFC-Que Choisir a déposé une plainte contre le constructeur Stellantis. En avril, une nouvelle procédure visant BMW, Mercedes, Toyota et Volkswagen a été lancée pour pratiques commerciales trompeuses, tromperie aggravée et mise en danger délibérée de la vie d’autrui.
Parallèlement, une autre mesure importante annoncée par le ministre consiste en un rappel généralisé de tous les véhicules équipés de ces airbags, sans distinction d’âge, à travers tout le pays. Cette opération concerne 600 000 véhicules supplémentaires, représentant 30 marques différentes et 200 modèles variés.