Le mardi 15 juillet, François Bayrou a indiqué qu’il était envisageable de supprimer deux jours fériés afin de réaliser des économies au niveau de l’État. Lors de la communication de son projet, le Premier ministre a mentionné spécifiquement le lundi de Pâques ainsi que le 8 mai comme dates susceptibles d’être concernées par cette mesure.
Le texte qui suit est une retranscription partielle de l’interview présentée plus haut. Pour visionner l’intégralité de la discussion, cliquez sur la vidéo.
Au sein de cette usine spécialisée dans la production d’électro-aimants, la mesure gouvernementale la plus débattue concerne la suppression de deux jours fériés. En particulier, la transformation du 8 mai, jour commémorant la fin de la Seconde Guerre mondiale, en une journée ouvrée est vivement critiquée par les salariés. « C’est une date qui marque la fin du conflit, elle doit impérativement rester gravée dans les mémoires. Ceux qui ont souffert pour que cette date soit symbolique méritent que l’on ne travaille pas ce jour-là », affirme Marina Lamotte, monteuse câbleuse. « Le lundi de Pâques tombe toujours un lundi, ce qui est logique. En revanche, le 8 mai peut être un jeudi ou même un dimanche, ce qui n’a aucun sens », ajoute Laurent Duvianiet, également monteur câbleur.
Actuellement, les travailleurs français jouissent de onze jours fériés par an, un chiffre plutôt élevé comparé à d’autres pays européens. La réforme envisagée ramènerait ce nombre à neuf, à l’image de l’Allemagne. Maxime Ruat, responsable production, déclare avec un certain fatalisme : « Que je travaille un jour de plus ou de moins ne changera pas fondamentalement ma vie. En réalité, on n’a pas vraiment le choix. On nous retire encore un droit social, une liberté, pour ainsi dire. »
Des discussions à venir dans les jours prochains
Le gouvernement a fait ses calculs : chaque jour férié en moins signifie une augmentation de la production des entreprises et donc un chiffre d’affaires en hausse. Toutefois, en contrepartie, les entreprises devraient verser des contributions supplémentaires à l’État. Jean-Pierre Demaria, dirigeant d’une société de cent employés, considère cela comme une mauvaise idée déguisée : « Ce sont surtout des charges additionnelles que l’État souhaite récupérer, par le biais des cotisations sur la richesse. J’espère sincèrement que l’on ne va pas obliger les entreprises à cotiser pour ce jour supplémentaire travaillé. Ce serait vraiment problématique. » Selon le gouvernement, ce travail accru sur deux journées supplémentaires pourrait générer jusqu’à 4,2 milliards d’euros de recettes. Des négociations avec les partenaires sociaux sont prévues dans les jours qui viennent.