Au début du mois de février, le parquet général a sollicité une inéligibilité de cinq ans, sans mise en œuvre immédiate, à l’encontre de Marine Le Pen, qui brigue une quatrième candidature à l’élection présidentielle.
Une décision extrêmement attendue. Marine Le Pen saura le 7 juillet quel sera son destin, tant sur le plan judiciaire que politique: la cour d’appel de Paris a pris près de cinq mois après la clôture des débats, soit le mercredi 11 février, pour rendre sa décision dans le dossier relatif aux assistants des eurodéputés du Front national. La leader du mouvement d’extrême droite a d’ores et déjà indiqué qu’elle trancherait sur une éventuelle quatrième candidature à l’élection présidentielle dès l’annonce de l’arrêt d’appel, sans attendre un éventuel pourvoi en cassation. Le calendrier de publication du jugement a été communiqué à l’issue du dernier jour d’audience, après la plaidoirie des avocats de la défense.
En première instance, Marine Le Pen avait été condamnée entre autres à deux ans de port de bracelet électronique et à une interdiction d’éligibilité de cinq ans avec exécution immédiate, ce qui l’empêchait à ce moment-là de se présenter à la prochaine élection présidentielle. « Plus [la décision était rendue] tôt, mieux je me porte », a-t-elle confié à quelques journalistes à l’issue de l’audience. « Pour la date, on fera avec. Je comprends qu’ils prennent leur temps, c’est une cour d’appel qui n’a pas droit à l’erreur », a-t-elle ajouté, affirmant ne pas nourrir de ressentiments à l’égard de ce second procès : « Tous les avocats ont été remarquables et les miens en particulier ».
Des cinq années d’inéligibilité réclamées
Les trois magistrats de la cour se trouvent désormais face à une question politique majeure : Marine Le Pen doit-elle pouvoir se lancer dans la présidentielle de 2027 ? Non, avaient répondu la semaine précédente les deux avocats généraux, qui demandaient contre elle quatre années d’emprisonnement dont trois avec sursis et la possibilité d’aménager la partie ferme par le biais d’un bracelet électronique, une amende de 100 000 euros et, surtout, une interdiction d’éligibilité de cinq ans.
Elle est poursuivie, tout comme le RN (anciennement Front national) et une dizaine d’autres cadres, pour avoir fait embaucher des assistants parlementaires pour les eurodéputés du parti, rémunérés sur des fonds européens, mais dont l’activité aurait bénéficié uniquement au mouvement « à la flamme ».







