Les écologistes plaident en faveur de l’élargissement du droit de suffrage aux personnes étrangères n’appartenant pas à l’Union européenne, et ce uniquement dans le cadre des élections municipales. Le texte doit être examiné ce jeudi par l’Assemblée.
Depuis le traité de Maastricht, signé en 1992 et qui a instauré la citoyenneté européenne, les États membres de l’Union permettent aux ressortissants des 27 pays de voter lors des scrutins locaux et des élections européennes. Toutefois, ces droits ne concernent que les citoyennes et citoyens de l’Union; les étrangers issus de pays hors de l’UE n’ont jamais bénéficié du droit de vote en France, malgré de nombreuses initiatives, la première proposition de loi visant à ouvrir ce droit aux étrangers n’appartenant pas à l’UE pour les municipales datant de 1999.
L’écologiste Léa Balage El Mariky plaide en faveur d’une mesure qu’elle juge de bon sens, selon elle : « On parle de femmes et d’hommes qui se trouvent parfois être nos conjoints, nos voisins, nos collègues… Et l’on se demanderait vraiment si nous serions capables de voter ensemble ? » Pour l’opposant de gauche insoumis Hadrien Clouet, le fait de voter ensemble reviendrait à renforcer la citoyenneté, « c’est étendre le pouvoir des citoyennes et des citoyens sur leur vie, sur leur existence. C’est créer des solidarités. »
La gauche isolée sur cette question
Pourtant, cette proposition, largement soutenue à gauche, bute sur l’ensemble des élus restants. L’UDR Éric Ciotti, allié du Rassemblement national, affirme être « totalement opposé » à cette initiative ; il en va de même pour la députée LR Marie-Christine Dalloz, qui juge que cette proposition « dégrade le droit de vote. On l’a déjà étendu au cadre européen, il n’est surtout pas urgent d’aller plus loin. »
Le texte semble n’avoir quasiment aucune chance d’être adopté, étant donné la majorité qui lui est opposée. Aujourd’hui, seule la gauche soutient réellement cette proposition.







