D’après une sénatrice socialiste du Val-de-Marne et invitée de l’émission La Matinale ce jeudi, Mélenchon aurait décidé d’endosser le rôle de chef de l’extrême gauche, et le PS devrait prendre ses distances vis-à-vis de LFI lors des prochaines élections.
Une semaine après l’agression mortelle visant Quentin Deranque, militant nationaliste, à Lyon, l’enquête semble maintenant s’orienter vers une participation potentielle de militants antifascistes, avec l’interpellation de deux assistants parlementaires du député de La France insoumise Raphaël Arnault, cofondateur de la Jeune Garde, qui pourraient occuper une place centrale dans ce dossier. Invitée politique d’Alix Bouilhaguet, la sénatrice Laurence Rossignol n’hésite pas à évoquer, selon elle, la « responsabilité politique » de Jean-Luc Mélenchon et voit La France insoumise comme un « mouvement populiste issu de la gauche. »
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Alix Bouilhaguet : L’enquête sur la mort de Quentin Deranque progresse. Deux assistants parlementaires du député insoumis, Raphaël Arnault, font partie des personnes interpellées. Tous font partie de la Jeune Garde. Est-ce que pour vous, Jean-Luc Mélenchon, qui se dit lié à la Jeune Garde, a une responsabilité dans ce drame ?
Laurence Rossignol : Avant de répondre à votre question, que je n’éluderai pas, je tiens à adresser un mot de solidarité à l’ensemble des Français, aux familles, aux commerçants, aux maraîchers et aux agriculteurs qui, aujourd’hui, sont frappés par les inondations et voient leurs activités, le fruit de leur travail, engloutis par les eaux. Le dérèglement climatique nous obligera à adopter des mesures de prévention, mais aussi des démarches d’adaptation et de réparation, et nous serons à leurs côtés.
On vous entend, c’est effectivement nécessaire. Beaucoup de Français sont dans la peine ce matin…
Et en conséquence, Jean-Luc Mélenchon porte une responsabilité politique. C’est un choix stratégique qu’il a fait il y a plusieurs années en se rapprochant de l’ensemble des formations d’extrême gauche et en devenant, pour certains, le leader de ce courant. Il aurait pu opter pour une autre voie. En 2017, il aurait pu être celui qui fédérait la gauche. Il n’a toutefois pas emprunté cette option-là. Il a choisi une posture de confrontation, d’affrontement.
Donc, je rebondis sur ce que vous dites, le ministère de l’Intérieur a raison de classer aujourd’hui La France insoumise comme un parti d’extrême gauche ?
Dans ce classement, ce qui me gêne le plus n’est pas tant l’adjectif « extrême » que le terme « gauche ». Cela fait un moment que je me demande si toutes les dérives de La France insoumise, sa façon de s’écarter du cadre républicain, permettent encore de la situer à gauche. J’ai souvent l’habitude de dire que c’est un mouvement populiste issu de la gauche.
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