Dans le cadre du projet de loi de finances pour 2026, une disposition prévoit, à partir du mois de mars, la suppression du financement du permis de conduire via le compte personnel de formation pour les salariés. De nombreux candidats s’inscrivent déjà dans des auto-écoles avant que cette mesure ne prenne effet.
En France, le nombre d’inscriptions pour obtenir le permis de conduire a connu une hausse d’environ 10 % au cours du mois écoulé. Cette croissance s’explique par les candidats qui anticipent la mise en œuvre d’une mesure issue du projet de loi de finances pour 2026. Dès le début du mois de mars, les personnes actives ne pourront plus régler les heures de conduite via leur CPF (compte personnel de formation); ce financement sera désormais réservé aux demandeurs d’emploi. Depuis quelques semaines, les candidats se dépêchent de s’inscrire avant l’entrée en vigueur, comme c’est le cas à l’auto-école Chanzy située à Montreuil, près de Paris.
Après un regard rapide sur le contrat, Sami prévoit d’effectuer 30 heures de conduite, pour un coût de 1 800 euros qu’il compte régler grâce à son CPF. Le photographe de 28 ans s’est hâté de s’inscrire car, à partir de mars et de la mise en œuvre du budget, seuls les demandeurs d’emploi pourront financer leur permis avec leur compte CPF. « C’était la panique à bord, je n’ai pas forcément d’argent de côté et des parents qui peuvent m’aider à financer le permis, » raconte-t-il. « Ce n’est pas parce qu’on a un contrat de travail qu’on est en mesure de dépenser 1 800 euros pour un permis de conduire. »
Beaucoup de salariés parmi les demandeurs
Et Sami n’est pas le seul concerné: l’auto-école est ouverte depuis à peine une heure et les rendez-vous se succèdent sans répit. On totalise déjà cent inscriptions en un mois, un record pour David, le gérant de l’établissement. « 70 % des inscriptions au CPF que nous réalisons en une année, nous les avons effectuées en 15 jours, » réplique-t-il. « Il y a certains jours où je reçois 100 appels, j’en réponds à 70 ou 80 parce qu’il est impossible de répondre à toutes les demandes. »
40 % de ses clients utilisent leur CPF pour financer leur permis. Parmi eux, beaucoup sont des salariés. « On le surestime parfois peu. Ce sont énormément de personnes qui passent le permis tout en étant employés, mais qui visent une reconversion, une requalification ou une progression de poste, » poursuit le gérant. « Et parfois le permis est ce qui manque pour obtenir des évolutions professionnelles. » Derrière son ordinateur, David traite toutes les demandes qui arrivent au compte-gouttes, et il y en a tellement que le site tombe souvent en panne.







