Une arnaque nouvelle est en train de se répandre : des malfaiteurs prennent le contrôle des logiciels utilisés par les garages afin de générer de faux certificats d’immatriculation. En bout de ligne, le préjudice subi par les professionnels peut s’élever à plusieurs centaines de milliers d’euros.
Ce passage est tiré d’une portion de la retranscription du reportage mentionné ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour le visionner dans son intégralité.
La préoccupation touche un garagiste de Ouistreham (Calvados). Des criminels ont pris le contrôle de ses identifiants professionnels, ceux qui lui permettent d’éditer les cartes grises. Résultat, 300 certificats d’immatriculation ont été émis frauduleusement sous son nom. À présent, Philippe Hamelin est confronté à une facture de 758 000 euros réclamée par l’État, rien que pour les frais d’émission de ces cartes grises. « On ne s’en relève pas. Dégager une marge et absorber une somme comme ça, c’est colossal, c’est infaisable », déclare le propriétaire du Garage de la côte. Cette somme le place dans une situation critique et menace la survie de son garage : « Un travail d’une vie qui est réduit à néant. On espère que les différents ministères nous blanchissent de tout ça », ajoute-t-il.
Et les ennuis ne s’arrêtent peut-être pas là. Le vol d’identifiants par les escrocs peut avoir une autre répercussion, encore plus lourde : « Les garages se retrouvent avec des véhicules immatriculés à leur nom. Ils sont donc responsables de tout ce qui est commis, de toutes les infractions qui pourraient être commises par ces véhicules », souligne Maître Marie-Camille Eck, avocate spécialisée en usurpation d’identité.
Vers une sécurisation du logiciel d’émission des cartes grises
Des centaines, voire des milliers de contraventions peuvent leur être attribuées. Et les démarches pour contester se révèlent longues et complexes. Avant, seules les préfectures délivraient les cartes grises. Mais pour réduire l’attente, la gestion a été confiée il y a neuf ans à 33 000 professionnels habilités. Ce nouveau garagiste installé dans le Loir-et-C Cher hésite aujourd’hui à obtenir cet agrément. « Quand on a su ce qui se passait, la première chose que j’ai dite à ma collègue, c’est : je crois qu’on va annuler la demande et je ne veux même pas d’agrément, tellement ça peut faire peur », confie Mickaël Dedykere, garagiste.
Quelque 250 000 véhicules frauduleusement immatriculés sont identifiés en moyenne chaque année. Le logiciel utilisé pour éditer les cartes grises devrait être mis à jour avant l’été afin d’être plus sécurisé.







