Selon l’Insee, vendredi, le déficit public pour l’année 2025 s’établit à 5,1 %, marquant une baisse de 0,7 point par rapport à l’exercice précédent et s’explique principalement par une accélération des recettes.
C’est une bonne surprise pour les finances publiques. Selon les premières estimations des comptes nationaux des administrations publiques publiées par l’Insee ce vendredi 27 mars, le déficit public de la France s’établit à 5,1% du PIB en 2025, marquant une diminution de 0,7 point par rapport à l’année précédente et se situant 0,3 point en dessous de la prévision du ministère de l’Économie et des Finances, qui tablait sur 5,4%.
Cette amélioration s’explique d’abord par des recettes nettement plus solides que prévu. Elles progressent de 3,9% sur l’année écoulée, tirées notamment par l’impôt sur le revenu et l’impôt sur le patrimoine, qui s’envolent de 6,6%. « Les recettes accélèrent du fait de la hausse des impôts », note l’Insee. Cette dynamique s’explique à la fois par certaines mesures fiscales et par une activité économique légèrement meilleure que prévu. « La méthode paie. Mais la stabilité politique aussi », a souligné vendredi le Premier ministre, Sébastien Lecornu. « Le fait que le bateau [reparte] [permet] évidemment d’avoir des recettes qui rentrent », a-t-il ajouté.
Le deuxième facteur réside dans le ralentissement des dépenses. En 2025, les dépenses augmentent de 2,5%, contre 4% l’année précédente. Cette progression demeure supérieure à celle du PIB en valeur (+2%). En volume, les dépenses progressent aussi (+0,9%), mais à un rythme plus modéré. Le Premier ministre a déclaré sur X que ces chiffres reflètent des « dépenses publiques maîtrisées », dans une « ligne simple : sérieux, stabilité, maîtrise ».
L’épargne budgétaire n’existe pas sans un déficit maîtrisé
Mais la baisse du déficit tient aussi à l’état des prévisions initiales, selon l’économiste Sylvain Bersinger, interrogé par 42mag.fr. L’écart peut s’expliquer par des hypothèses « un peu pessimistes » côté Bercy. L’expert remarque aussi qu’à 5,1% du PIB, le déficit demeure bien au-delà du seuil européen de 3% fixé par la Commission européenne. « Ce n’est pas soutenable », insiste Bersinger. « Les efforts les plus difficiles (…) restent à venir », notamment en matière de dépense publique.
Le gouvernement appelle lui-même à la prudence. « Ce sont des bonnes surprises qu’il faut relativiser. Quand on est encore à 5,1% de déficit, aucune raison de se satisfaire ou de s’autocongratuler », a déclaré Sébastien Lecornu lors d’une réunion gouvernementale consacrée aux finances publiques, vendredi à Bercy. Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a aussi insisté sur TF1 sur la nécessité de « continuer à réduire le déficit ». Surtout, cette amélioration ne crée aucune marge de manœuvre immédiate. « Il n’y a pas de cagnotte. La cagnotte, c’est quand il n’y a pas de déficit », a prévenu David Amiel, rejetant l’idée d’accroître les dépenses sans réaliser d’économies correspondantes.
L’exécutif entend dorénavant poursuivre la réduction du déficit « quoi qu’il arrive », sans céder à la logique du « quoi qu’il en coûte ». L’objectif affiché reste de passer sous les 5% en 2026 pour Sébastien Lecornu, mais « cela paraît plus incertain dans le nouveau contexte international », note l’économiste Sylvain Bersinger. La guerre au Moyen-Orient pourrait peser sur la croissance, notamment par le biais de la hausse des prix de l’énergie, et sur les recettes fiscales. « La situation géopolitique jouera », reconnaît Sébastien Lecornu.







