Les combats qui se déroulent au Moyen-Orient entraînent des répercussions à l’échelle mondiale. L’Asie est particulièrement touchée, et l’ampleur de la crise y est majeure. En Thaïlande, la pénurie de carburant bloque les activités urbaines et ralentit le quotidien des villes. Les climatiseurs cessent de fonctionner alors que le mercure grimpe jusqu’à 40 degrés. Le secteur touristique, pourtant pilier de l’économie, s’est effondré.
Une portion de la retranscription du reportage ci-dessus est présentée ici. Pour le voir en entier, cliquez sur la vidéo.
Des stations inoccupées faute de carburant. À Bangkok, loin des gisements du golfe Persique, Paitoon Boonmalert, chauffeur de minibus thaïlandais, doit affronter un véritable parcours du combattant pour obtenir du carburant. Cette situation est liée à la guerre au Moyen-Orient, qui se prolonge depuis près d’un mois. « J’ai peur, car sans essence, je n’aurai tout simplement plus de travail », affirme-t-il, le mercredi 25 mars. Après quelques kilomètres, le chauffeur réussit à trouver de l’essence, mais il est impossible de faire le plein complètement : « On n’autorise que 500 bahts, pas davantage », lance la pompiste, soit environ 13 euros pour 15 litres. L’essence est rationnée dans cette station-service.
La crise énergétique affecte aussi les entreprises. La Thaïlande produit son électricité en grande partie grâce à du gaz naturel importé, dont le coût grimpe. Dans un bureau de change où travaillent une quarantaine de personnes, la température atteint déjà 28 °C à 9 h 25. Le patron redoute une hausse de sa facture électrique et décide donc de couper la climatisation par moments. « On utilise les climatiseurs par intermittence. Cela va permettre d’économiser entre 20 et 30 % d’électricité », précise Piya Tantivachyanon. Le gouvernement encourage les entreprises privées et publiques à privilégier les ventilateurs.
« Nous faisons fonctionner les climatiseurs par intermittence »
Même dans les hôpitaux, on voit que les économies comptent. Un directeur a réduit le refroidissement des chambres et va jusqu’à limiter l’usage des ascenseurs : « On évite les ascenseurs autant que possible. On demande aux personnes valides d’emprunter les escaliers. Et en plus, c’est bon pour la santé », raconte Yuttakran Chinnasote, directeur de l’hôpital Banglen. Pour les ambulances, « on cherche à transporter deux personnes à la fois, l’une allongée et l’autre, dont l’état est moins grave, assise à côté », ajoute-t-il.
Et puis, il y a une autre répercussion de la crise, que constatent les tuk-tuk traditionnels attendant les clients : le nombre de touristes baisse. Tous les professionnels le confirment. En quelques semaines, dans un contexte de difficultés du secteur aérien, on dénombre 11 % de visiteurs en moins. Cette chute devrait se poursuivre.







