Les écologistes ont vu ce dimanche six de leurs grandes cités leur échapper, des localités jadis présentées comme les emblèmes de l’élan vert né en 2020. Entre une participation en hausse et la stratégie de Marine Tondelier, les explications de cet échec électoral abondent chez les militants.
La dynamique verte n’a duré qu’un seul mandat. À l’issue des municipales de 2026, six grandes villes ont basculé et les écologistes en sortent sonnés. « Nous sortons de ces municipales affaiblis » reconnaît un député écologiste, qui pointe un climat général peu propice à leur programme. Bordeaux, Besançon, Strasbourg, Poitiers, Annecy et Colombes, en banlieue parisienne, incarnent la fuite des voix qui, en 2020, avaient été accumulées, et transforment ces victoires d’alors en mémoire.
Ces résultats n’étaient déjà pas entièrement représentatifs. « On a gagné en 2020 dans un contexte COVID, où les seniors, qui votent peu pour nous habituellement, sont restés chez eux » admet la direction des Verts. Lors des municipales précédentes, l’abstention était élevée à cause de la pandémie, avec une participation autour de 42 % contre 57 % en 2026. Même si l’abstention semblait favoriser les écologistes, certains candidats ont néanmoins dû briguer des mairies de justesse. À Annecy, en Haute-Savoie, le maire sortant François Astorg s’impose de justesse avec 27 voix d’avance. Dimanche, la liste de gauche unie (hors LFI) et soutenue par les écologistes, conduite par son successeur Alexandre Mulatier-Gachet, a perdu en accumulant plus de 5 000 bulletins de retard.
Remise en question de la stratégie défendue par Marine Tondelier
Outre ce revers, le parti dirigé par Marine Tondelier peut toutefois se féliciter d’un succès notable : le maintien de Lyon, avec la réélection de Grégory Doucet, élu à la surprise générale alors que les sondages le donnaient vaincu. D’autres victoires significatives persistent en proche banlieue, comme l’élection de maires écologistes à Villepinte ou Conflans-Sainte-Honorine. Néanmoins, « cela ne suffira pas à compenser les déceptions » assure une proche de Marine Tondelier, figure de proue des Verts.
Et d’autant plus que les résultats décevants des élections européennes de 2024 ont été suivis par une nouvelle défaite lors des municipales de 2026. La ligne politique de Marine Tondelier serait-elle mise en doute ? « Il n’est pas envisagé de remettre en cause Marine Tondelier », tranche son entourage. L’un de ses soutiens justifie le choix de privilégier des alliances avec d’autres forces à gauche — notamment le Parti socialiste (PS) ou les insoumis — malgré les polémiques. En interne, toutefois, certains députés s’impatientent des sorties publiques de leur dirigeante, qui n’est pas discrète sur ses ambitions pour 2027. L’un d’eux lance même, avec ironie : « Je me demande si l’annonce de sa candidature à la présidentielle au beau milieu de la campagne ne nous a pas empêchés sur le terrain ». Reste à savoir si le plafond électoral des écologistes est atteint ou s’il ne s’agit que d’un simple accident de parcours avant l’échéance présidentielle.







