Le maire récemment élu de Mantes-la-Jolie, Adama Gaye, vient du quartier du Val-Fourré, l’un des plus grands quartiers prioritaires de France.
Les maires élus au second tour, dimanche 22 mars, prennent officiellement leurs fonctions ce week-end lors de conseils municipaux d’installation. L’occasion de découvrir des visages nouveaux, comme le nouveau maire de Mantes-la-Jolie, une ville comptant 44 000 habitants et désormais dirigée par Adama Gaye, un jeune homme de 34 ans, sans étiquette, qui a pris le pouvoir face au maire sortant Horizons, Raphaël Cognet. Dans son quartier du Val-Fourré, on lui attribue depuis longtemps le surnom : Barack Adama.
« Moi, je ne l’ai pas vu venir ! » Comme cette habitante du centre-ville, personne ne s’attendait à ce résultat. Étranger au paysage politique il y a six mois seulement, Adama Gaye a d’abord séduit en restant en dehors des partis : « Quelqu’un qui n’accepte pas que sa politique locale soit imposée par une logique nationale, je trouve ça plutôt positif. » Autre élément clé : il est né et a grandi ici, dans le Val-Fourré, l’un des plus grands quartiers prioritaires du pays. Pour Abou : « Le fait de savoir que c’est quelqu’un qui vient d’ici et qui connaît nos problématiques, c’est super important. C’est une fierté, un exemple. »
« Cela démontre qu’en étant issu du Val-Fourré ou d’un quartier, on peut poursuivre des études et s’en sortir. Cela donne de l’espoir pour tous les autres jeunes. »
Abouà 42mag.fr
Cette fierté est visible au moment de la proclamation des résultats. Alsain connaît très bien le nouveau maire : « En Terminale, il était le premier de sa promotion, il avait des résultats exceptionnels, il a intégré Sciences Po. Ce qu’il vient de réaliser est déjà impressionnant. On peut presque parler d’un premier pas analogique à Barack Obama aux États‑Unis ; dans son quartier, on l’appelle Barack Adama. »
« J’ai dépassé les cases auxquelles j’aurais pu être destiné »
Adama Gaye affiche en effet une prestance qui rappelle l’ancien président américain : grand, élégant, posé et à l’aise lorsqu’il s’adresse à la foule. Il a ainsi bénéficié des dispositifs d’éducation prioritaire, autrement dit de la forme de discrimination positive associée à Sciences Po Paris. Avant d’exercer comme gestionnaire de placements dans des sociétés privées : « Effectivement, j’ai réussi à sortir des cases qui auraient pu m’être destinées, grâce à mon travail et à l’école républicaine qui a façonné qui je suis aujourd’hui. »
« Je suis fier, honoré, qu’en France on puisse suivre des parcours comme le mien », conclut Adama Gaye. « C’est pour cela que la Marseillaise a résonné ici. »
La campagne est désormais derrière lui. Il l’a dit et répété à ses colistiers : « C’est maintenant que le plus dur commence ».







