Agnès Pannier-Runacher, ancienne ministre de la Transition écologique et de l’Énergie et députée à l’Assemblée nationale, était l’invitée de l’émission Les 4 Vérités sur France 2, le jeudi 26 mars 2026. Elle a répondu aux questions du journaliste Gilles Bornstein.
Cette section provient d’une partie de la retranscription de l’entretien évoqué ci‑dessus. Pour visionner l’intégralité de l’échange, cliquez sur la vidéo.
Gilles Bornstein : Le gouvernement a écarté toute aide générale destinée à compenser la hausse des carburants, tout en n’excluant pas des aides ponctuelles. En tant qu’ancienne ministre de l’Énergie, quelles propositions défendriez-vous pour venir en aide aux Français ?
Agnès Pannier-Runacher : Je rejoins pleinement l’analyse du gouvernement. Lorsque j’occupais le poste de ministre de l’Énergie, nous avions instauré une aide universelle de 15 centimes par litre sur le carburant. Or nous avions constaté que ce dispositif entraînait une augmentation des dépenses publiques d’environ 9 milliards d’euros. Au final, ce sont les Français qui assument ces 9 milliards. C’est une somme gigantesque, équivalant à 18 ans de budget nécessaire pour financer le bonus écologique, et pour offrir une solution durable. Cette mesure aurait aussi pu protéger les ménages face à la flambée du pétrole. En réalité, la France importe 99 % de son pétrole. À l’époque, l’aide n’avait pas vraiment soulagé les Français et avait surtout profité à des acteurs étrangers.
Pour ma part, j’ai réuni, la semaine dernière, l’ensemble des entreprises de ma région pour faire le point. Aujourd’hui, on constate un enjeu lié aux salariés qui se déplacent pour travailler. Pour certaines professions, il faut être plus attentif et réfléchir à des moyens d’accompagnement. Il y a aussi la demande croissante des entreprises en matière de trésorerie. Enfin, il nous faut envisager des méthodes pour résoudre durablement les difficultés des Français, c’est‑à‑dire préparer une sortie durable de la dépendance aux énergies fossiles.
Gilles Bornstein : Une fois que vous avez observé les infirmières libérales, les marins-pêcheurs, les gens qui doivent utiliser leur véhicule pour aller travailler en parcourant 30 ou 40 km chaque jour, concrètement, qu’est-ce que vous proposez pour eux ?
Agnès Pannier-Runacher : Personnellement, je ne représente plus le gouvernement. Toutefois, le gouvernement met en place des mesures, notamment sur la trésorerie. Cela est essentiel car il s’agit du premier obstacle rencontré par les professionnels, les tensions de trésorerie (…). Le deuxième volet consiste à s’interroger sur les moyens d’aider les Français les plus précaires et ceux qui se rendent au travail. Il faut adopter des mesures ciblées, et non des dispositifs généraux. Ces derniers, comme je l’ai indiqué, finissent par être financés par l’ensemble des Français. En effet, lorsque l’on accorde 9 milliards d’euros en faveur d’une mesure relative au carburant, qui en supporte ensuite le coût ? Vous, moi, les classes moyennes et tous ceux qui paient des impôts. Ce sont les Français qui paient la facture.
Gilles Bornstein : Autre sujet, l’hommage national à Lionel Jospin, prévu ce jeudi 26 mars, sera‑t‑il l’occasion pour vous d’aller saluer sa mémoire ? Quelle est pour vous la portée de cette figure politique ?
Agnès Pannier-Runacher : Lionel Jospin est une référence tutélaire de la vie politique. C’est un grand homme politique, rigoureux et animé par le sens de l’intérêt général. Lionel Jospin rappelle aussi le 21 avril 2002, le choc du second tour qui opposait Jacques Chirac à Jean‑Marie Le Pen. Lui rendre hommage est aussi une manière de nous rappeler le scénario catastrophe qu’il faut absolument éviter en 2027. Plus précisément, l’élection qui verrait Jordan Bardella arriver au second tour face à Jean‑Luc Mélenchon avec Bardella en vainqueur. Car, selon moi, Jean‑Luc Mélenchon n’a aucune chance de l’emporter. Une demi‑heure après l’annonce des résultats, les groupes d’extrême droite manifesteraient dans les rues. Ensuite, Mélenchon réunirait un large mouvement de blocage du pays au nom de la résistance contre l’extrême droite. Le lendemain, la dette de la France serait attaquée sur les marchés financiers, et le budget commencerait à déraper.
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