Dans le cadre du conflit au Moyen-Orient, une controverse politique prend de l’ampleur et est lancée par Marine Le Pen. Elle soutient que l’État se comporte comme un profiteur de crise en dissimulant des recettes prétendument indues liées à la hausse des prix du pétrole. Les finances publiques bénéficient-elles réellement du choc énergétique ?
Ce paragraphe est tiré d’une portion de la retranscription du reportage évoqué plus haut. Pour le visionner en intégralité, cliquez sur la vidéo.
Le gazole franchit désormais les 2 euros le litre depuis plusieurs jours, et plus de la moitié du prix est constituée par des taxes qui reviendront ensuite à l’État. Pour nombre d’automobilistes, l’explication demeure difficile à saisir. Selon l’un d’entre eux, l’État empoche environ 52,7 % du prix, ce qui paraît colossal. « C’est énorme, vraiment énorme », souffle-t-il. Une conductrice ajoute que c’est révoltant, et qu’on a l’impression d’être totalement dépouillés. Un autre automobiliste estime qu’il faudrait abaisser ces prélèvements dans la conjoncture actuelle, tant l’État semble réaliser un bénéfice important.
L’État s’enrichit-il pendant la crise ? Une partie des taxes est liée au prix du carburant. Ainsi, lorsque celui-ci grimpe, les recettes publiques augmentent aussi. Fin février, sur un litre de gazole vendu, l’État percevait 0,89 euro. La semaine suivante, ce montant montait à 0,96 euro. Quelles répercussions cela peut-il avoir sur les finances publiques ?
24 % de consommation en moins
Selon les calculs réalisés par France Télévisions, avant la crise, durant une semaine « normale », les taxes liées au carburant représentaient environ 743 millions d’euros. Lorsque les prix s’envolent, les recettes dépassent le cap du milliard. Puis, avec la hausse des prix, les Français font le plein moins souvent : la consommation recule d’environ 24 %. Les recettes tombent à 843 millions et cette dynamique devrait se poursuivre.
Francis Pousse, président national des stations-service et des énergies nouvelles de Mobilians, explique qu’on peut s’attendre, sur la période fin mars, à des baisses qui devraient être importantes, car les prix restent élevés et les automobilistes roulent moins. Il souligne que cette situation n’est pas favorable à l’État, compte tenu de l’anticipation d’un prix du carburant élevé.
Et l’État pourrait encore perdre davantage, car une hausse du carburant se traduit par une perte de pouvoir d’achat. Tous les pans de l’économie pourraient être touchés. « Les entreprises pourraient potentiellement embaucher moins et investir moins, ce qui conduirait à une activité moindre », estime Mathieu Plane, économiste et directeur adjoint de l’OFCE. « Elles subiront aussi des marges plus réduites puisque leurs coûts de production augmentent, ce qui se traduirait par moins de profits et, globalement, une perte d’activité pour l’économie française qui se répercuterait par des recettes fiscales plus faibles et donc un déficit public plus marqué. »
Mercredi 25 mars, le Premier ministre a de nouveau proclamé qu’il n’élèverait pas la TVA sur l’essence, estimant que cette mesure serait inefficace et coûteuse.







