À l’issue de plusieurs jours de protestations, la capitale irlandaise a annoncé des réductions d’impôts supplémentaires et a lancé un dispositif d’aide destiné à freiner l’envol des prix provoqué par le conflit au Moyen-Orient.
La pression exercée sur le gouvernement semble porter ses fruits. Le gouvernement irlandais a annoncé, ce dimanche 12 avril, l’adoption de nouvelles mesures destinées à calmer la colère des Irlandais face à la hausse des prix des carburants, après une semaine marquée par des manifestations et des blocages à l’échelle du pays. Cette flambée des tarifs est directement liée au conflit au Moyen-Orient et aux tensions autour du détroit d’Ormuz, artère stratégique pour le commerce pétrolier mondial.
Face à une mobilisation rapide, l’administration sous Micheal Martin a choisi d’assouplir le cadre. Une réduction supplémentaire de 10 centimes par litre sur l’essence et le diesel sera appliquée jusqu’à fin juillet, accompagnée d’un plan d’aide s’élevant à 505 millions d’euros. Par ailleurs, l’augmentation de la taxe carbone sera décalée d’un mois et sera déplacée au mois d’octobre. Au mois de mars, le gouvernement avait déjà annoncé une baisse de 20 centimes sur le diesel et de 15 centimes sur l’essence. Néanmoins, ces mesures avaient été jugées insuffisantes par une partie des professionnels du secteur.
Parmi les groupes les plus mobilisés figuraient les agriculteurs, les chauffeurs et les porte-drapeaux du taxi, qui ont multiplié les actions. Peu habitués à ce type de mouvement, ils ont organisé des barrages tout au long du territoire, visant en particulier la raffinerie unique du pays, située à Cork, qui approvisionne près de 40 % du pétrole irlandais. Des dépôts de carburant dans les villes de Galway et Foynes, qui alimentent environ la moitié du pays, ont également été visés.
Des pénuries dans de nombreuses stations-service
Les répercussions se sont fait sentir immédiatement. Les perturbations ont provoqué des ruptures d’approvisionnement dans de nombreuses stations-service et ont commencé à impacter les services d’urgence, selon les autorités. Dans ce pays d’environ six millions d’habitants, fortement dépendant des importations d’énergie, la situation a suscité des inquiétudes croissantes. L’accès à la raffinerie et aux dépôts de pétrole a été rétabli samedi 11 avril au soir, après l’intervention des forces de l’ordre.
Sur le réseau social X, le mot-clé #irishfuelprotest a joué le rôle de relais pour le mouvement. Des images montrant des convois de camions et de tracteurs ont illustré l’ampleur sans précédent de la mobilisation. Le mouvement a même reçu le soutien de certaines figures nationales, dont le champion du monde de MMA Conor McGregor, qui appelait à « paralyser » le pays dans un message publié le 12 avril.

Ces blocages ont accéléré la réaction du gouvernement, qui cherche désormais à éviter une situation bloquée prolongée. Tout en promettant de nouvelles aides, Micheal Martin a averti que les actions illégales seraient punies.







