Aujourd’hui, ce n’est plus seulement une poignée d’acteurs qui se montrent préoccupés: l’ensemble de l’industrie aérienne redoute des difficultés d’approvisionnement en kérosène, susceptibles de freiner les vols. L’Italie a déjà pris des mesures de rationnement ciblées dans certains aéroports afin de gérer au mieux les réserves disponibles. Par ailleurs, l’association européenne représentant le secteur avertit même qu’un risque de rupture de stocks pourrait se manifester d’ici trois semaines si le trafic maritime ne retrouve pas son cours normal.
Ce passage provient d’un extrait de la retranscription du reportage évoqué ci-dessus. Appuyez sur la vidéo pour le visionner en intégralité.
Les tarifs des billets d’avion grimpent sous l’effet du conflit au Moyen-Orient. Dans les zones d’embarquement, billets et passeports à la main, les voyageurs en partance pour New York expriment leurs préoccupations. C’est notamment le cas de Steven, qui lâche : « Si la situation continue d’évoluer, nous n’irons plus. Nous n’aurons pas les moyens », confie-t-il. De même, Michael se prépare à prendre l’avion vers les États-Unis avec son épouse et leurs filles : « Avec les répercussions engendrées par la guerre, il est possible que le coût du kérosène augmente. Donc plus on est épargné par ces effets, mieux c’est. Nous sommes contents de partir, mais pour les voyages à venir, certains peuvent être inquiets de la situation », remarque le père de famille.
Air France augmente de 100 euros le prix des allers-retours long-courriers
Cette hausse est liée à la flambée du kérosène. Son prix est passé de 750 dollars la tonne avant le conflit à environ 1 900 dollars au début de la matinée du mardi 14 avril. Autre constat : le carburant représentait environ 25 % des charges opérationnelles d’une compagnie et en pèse désormais environ 45 %. Alors quelles retombées sur le coût des billets ? Air France a annoncé une majoration de 100 euros pour les allers-retours long-courriers. Pour illustrer, imaginons un vol évalué à 500 euros : « En temps normal, le carburant représente presque un tiers des coûts, soit autour de 150 euros. Or, en raison de l’augmentation du prix du baril, nous avons procédé à une hausse des charges d’environ 100 euros. En somme, une surcharge carburant d’environ 100 euros n’apparaît pas totalement absurde », précise Paul Chiambaretto, enseignant-chercheur et spécialiste du transport aérien.
En France, la compagnie à bas coût Volotea aurait choisi d’annuler certains vols devenus non rentables. Par ailleurs, plusieurs aéroports italiens ont annoncé des rationnements de kérosène. Conséquence directe : certains vols intérieurs sont supprimés, notamment à Venise et à Milan.







