Sanofi a relevé ses prévisions annuelles le 30 octobre, après avoir publié un chiffre d’affaires du troisième trimestre de 14,44 milliards d’euros, en hausse de 14,3 % à taux de change constant. Le groupe pharmaceutique français prévoit désormais que ses ventes en 2026 progresseraient d’un pourcentage à deux chiffres bas et son bénéfice opérationnel par action (BPA opérationnel) d’un pourcentage à deux chiffres moyens, les deux mesures étant exprimées hors effets de change.
Dupixent demeure le moteur central. Les ventes du médicament immunologique ont augmenté de 34,8 %, atteignant 5,7 milliards d’euros, dépassant à nouveau le seuil des 5 milliards d’euros pour un deuxième trimestre consécutif. Les médicaments lancés récemment ont généré 1,4 milliard d’euros, en hausse de 31,4 %, tandis que les ventes de vaccins ont reculé de 6,6 % à 3,2 milliards d’euros, en raison, selon Sanofi, d’un décalage temporel lié à la prévention respiratoire.
Un trimestre dominé par un seul blockbuster
Le résultat opérationnel d’entreprise s’est élevé à 5,43 milliards d’euros. Reuters a indiqué que ce chiffre dépassait largement le consensus des analystes de 4,32 milliards d’euros fourni par le groupe. Le bénéfice net selon les normes IFRS s’est établi à 3,02 milliards d’euros, tandis que le flux de trésorerie disponible a atteint 3,27 milliards d’euros. Ces indicateurs reposent sur des définitions comptables différentes et ne doivent pas être assimilés les uns aux autres.
La révision des prévisions est la deuxième cette année, mais la question stratégique va au-delà de 2026. Reuters et The Wall Street Journal ont tous deux souligné l’intérêt de la direction pour des acquisitions alors que Sanofi se prépare à la perte éventuelle d’exclusivité de Dupixent. Le directeur financier François Roger a indiqué que l’entreprise pourrait envisager des opérations d’un montant supérieur à sa plage historique de 2 à 5 milliards d’euros.
Les acquisitions ne sont qu’une intention, pas un résultat
La direction a indiqué qu’elle examinait des actifs en phase avancée ou déjà commercialisés, notamment dans les domaines des maladies rares, des vaccins et de l’immunologie. Il s’agit d’une déclaration d’intérêt, et non d’une transaction conclue. Tout accord nécessiterait toujours une cible, un prix convenu, un financement et un examen réglementaire, tandis que les actifs cliniques conservent les risques de développement.
Ce trimestre illustre aussi pourquoi la diversification du portefeuille de produits est importante. Un seul médicament a fourni près de deux cinquièmes des ventes du groupe sur le trimestre, même si les lancements récents ont enregistré une croissance rapide. Une forte concentration peut soutenir les marges lorsque la demande augmente, mais elle accroît aussi l’importance du calendrier des brevets, de la concurrence et du succès des produits de remplacement.
L’épreuve post-Dupixent
Les investisseurs disposent désormais de deux épreuves distinctes. La première à court terme est de savoir si les ventes et les bénéfices atteignent les prévisions revues à la hausse d’ici la fin décembre. La seconde, plus longue, concerne la capacité des dépenses de recherche, des lancements et d’éventuelles acquisitions à générer des revenus suffisamment durables pour réduire la dépendance vis-à-vis de Dupixent avant la prochaine décennie.





