Geoffroy Roux de Bezieux suggère une solution pour surmonter l’impasse actuelle : il encourage Emmanuel Macron à avoir confiance en les partenaires sociaux. Fanny Guinochet, experte en la matière, nous livre ici son analyse à ce propos.
Geoffroy Roux de Bezieux, le président du Medef, a accordé une interview aux Echos, dans laquelle il appelle Emmanuel Macron à changer de méthode et à redonner de la place aux partenaires sociaux, notamment au patronat. Alors que le gouvernement souhaite tourner rapidement la page de la réforme des retraites avec une proposition de loi plein emploi, le patronat veut éviter que ce texte soit trop éloigné des réalités des entreprises et trop contraignant pour les employeurs. Ils proposent donc de discuter en amont avec les syndicats de certains sujets pour avoir leur mot à dire dans la rédaction de la future loi. Le patronat souhaite ainsi contrecarrer d’éventuelles idées du gouvernement comme la semaine des quatre jours sur quatre. Le dialogue entre les partenaires sociaux est donc possible et les réformistes seront partants. Certaines organisations syndicales, comme la CFDT ou la CFE-CGC, les syndicats des cadres, répondront présentes car ils ont continué à échanger avec le Medef et la CPME pendant tout le conflit. Cependant, la CGT pourrait refuser, notamment en attendant l’élection du ou de la successeur(e) de Philippe Martinez, dont le congrès se tiendra la semaine prochaine. Pour le patronat et les syndicats, il est important de montrer au gouvernement que le dialogue social est dynamique et constructif, qu’ils sont capables de bâtir des compromis, comme cela a été le cas récemment sur le partage de la valeur ajoutée. Pour Geoffroy Roux de Bezieux, la démocratie sociale a quelques leçons à donner à la démocratie parlementaire et cette proposition pourrait permettre à Emmanuel Macron de renouer le fil avec les syndicats.