La France insoumise a conclu ses universités d’été à Châteauneuf-sur-Isère, dans la Drôme. L’événement s’est clôturé par un rassemblement au cours duquel des représentants syndicaux et des personnalités emblématiques du mouvement se sont exprimées, dont Jean-Luc Mélenchon, qui bien qu’il occupe une position moins centrale, n’a pas pour autant pris sa retraite politique.
Après une lutte qui semble être en train de perdre de l’élan concernant les retraites, La France insoumise (LFI) se prépare à maintenir la pression populaire et offre une nouvelle occasion de mobilisation, cette fois-ci contre la brutalité policière, le 23 septembre prochain. Pour le parti de gauche, c’est une opportunité de se remettre davantage dans le jeu politique et de défier le gouvernement sur une question tout aussi controversée, à peine deux mois après les récents troubles civils.
Dans un contexte de rentrée scolaire où Emmanuel Macron met la priorité sur l’éducation, LFI de Jean-Luc Mélenchon brandit l’argument des familles qui peinent à faire face aux coûts de la rentrée pour leurs enfants. Manuel Bompard, le coordinateur de LFI, annonce même le démarrage prochain d’une vaste collecte de fournitures scolaires. Rappelons que le parti avait déjà réalisé une collecte de produits alimentaires il y a quelques mois, à la sortie des supermarchés en pleine inflation.
« Au repos, sans pour autant être retiré »
Jean-Luc Mélenchon a démontré à nouveau sa tenacité, adoptant le positionnement – pour reprendre son expression – de quelqu’un qui est « au repos, sans pour autant être retiré ». Contrairement à l’année dernière, il n’est pas monté sur scène lors du meeting de fin de rassemblement, le dimanche 27 août. En revanche, il a tenu une conférence le vendredi dans une salle bondée. C’était l’occasion pour lui de planter le décor de son affrontement potentiel avec un successeur éventuel d’Emmanuel Macron en 2027, en l’occurence le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin, cible récurrente de ses attaques.
Certains membres éminents du parti sont convaincus de son envie de se représenter. « Jean-Luc Mélenchon est revigoré, il reconstruit l’hypothèse de 2027 » confie l’un d’eux à 42mag.fr, « quitte à mettre la Nouvelle politique d’union sociale (Nupes) dont il souhaite se défaire » en péril, selon cette même source. « Il a l’intention de contrôler le jeu et de prendre la décision finale ».
L’avenir incertain de la Nupes
Néanmoins, LFI milite pour continuer à faire bloc avec ses alliés dans les scrutins à venir. C’était le message-clé des « Amfis ». Ils ont même invité Ségolène Royal, ancienne socialiste, pour annoncer son intention de conduire une liste d’union pour les élections européennes. LFI reste déterminée à s’accrocher, même en cas de refus de la part de ses alliés, pour préserver la crédibilité de la gauche et l’unité du parti.
Cependant, certains membres influents de La France insoumise ont une interprétation différente des enjeux. Selon eux, si le parti insiste ainsi, c’est parce qu’il sait pertinemment que ses alliés ne fléchiront pas et continueront à refuser une liste commune. Le parti cherche à faire peser sur eux la responsabilité de l’éclatement de la Nupes, dont Jean-Luc Mélenchon veut se défaire pour avoir les coudées franches en 2027. Autrement dit, pour pouvoir être candidat sans devoir obtenir l’approbation des écologistes, communistes et socialistes, qui résisteraient probablement à l’idée d’être représentés par le leader insoumis.