Emmanuel Macron a déclaré la modification des congés dédiés à la parentalité. Ceux-ci seraient substitués par une permission de naissance, plus condensée mais avec une meilleure compensation financière.
Emmanuel Macron présente une réforme des congés parentaux en prévision d’un « réarmement démographique »
Emmanuel Macron dévoile des changements majeurs concernant les congés parentaux, qui seront convertis en congés de naissance. Ces derniers, bien que plus courts, seront dôtés d’une meilleure rémunération. Le président évoque cette initiative comme un « réarmement démographique » visant à endiguer la baisse de la natalité qui sévit en France depuis quelques années. Cependant, pour Hélène Périvier, présidente du Conseil de la famille au Haut Conseil de la famille et de l’enfance, cela ne suffira probablement pas à renverser totalement la tendance malgré le fait qu’elle considère cette réforme comme une démarche positive.
Un rapport révélé récemment par l’Assemblée propose une rémunération du congé parental à hauteur de 67% du salaire et prône l’extension du congé maternité.
Hélène Périvier précise que des politiques facilitant l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle peuvent avoir un impact sur le taux de natalité d’un pays. Dans les pays où celles-ci favorisent l’accès au travail pour les femmes ayant des enfants, ces femmes ont tendance à donner naissance à plus d’enfants qu’ailleurs. Cependant, la spécialiste estime qu’augmenter la durée du congé de naissance est un objectif ambitieux, car d’autres politiques publiques peuvent jouer un rôle essentiel.
L’absence de partage des tâches : un obstacle majeur
Pour Hélène Périvier, envisager un congé parental plus court mais mieux rémunéré peut contribuer à résoudre partiellement les inégalités professionnelles et faciliter l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle, des aspirations partagées par de nombreux Français. Cette réforme pourrait inciter certaines familles à envisager d’avoir un enfant supplémentaire. Toutefois, elle se montre prudente quant à l’idée que cela puisse être une solution miracle à l’évolution démographique actuelle.
Certains témoignages de femmes qui ont décidé de ne pas avoir d’enfant exposent leurs choix et leurs hésitations face à cette question complexe.
Le nouveau congé, en revanche, ne parviendra probablement pas à impacter significativement le partage des tâches au sein des couples, un élément fondamental à prendre en compte. Hélène Périvier l’affirme : « L’arrivée d’un enfant affecte les revenus des femmes plus que ceux des hommes et nous sommes loin d’une répartition équilibrée des tâches domestiques ».
La présidente du Conseil de la famille espère qu’un nouveau congé pourrait apporter un changement futur dans la répartition des tâches, mais admet que c’est un trop grand pari à faire pour le moment. Elle explique que, tant qu’un partage équitable des tâches n’est pas établi, certaines femmes continueront à repousser l’idée d’avoir un deuxième enfant ou à privilégier leur carrière et leur bien-être individuel, ce qui pourrait continuer à freiner la décision d’avoir un enfant.