On constate récemment que le gouvernement mène une « mission d’apaisement », en prévision du Salon de l’Agriculture qui approche.
Gabriel Attal et ses rencontres répétées avec les agriculteurs, épisode 99… L’apparition constante de l’exécutif auprès de la population agricole, par le biais d’une multitude de visites sur place et de réunions en coulisses, semble sans fin. Il faut reconnaître que le gouvernement a eu du mal à satisfaire les 1001 requêtes du milieu agricole, allant des éleveurs aux céréaliers, en passant par les écolos, les maraîchers, les problèmes liés à la haie, au carburant hors route, et l’éternelle question du curage des fossés. Un sujet qui devient une métaphore du gouvernement lui-même, pris au piège et submergé par une réglementation surréaliste et complexe.
Gabriel Attal a dû tenter sa chance à trois reprises : malgré des déclarations initiales, le gouvernement a du faire face aux limites de ses promesses et a dû donc revenir à la charge, d’abord une fois puis une deuxième fois lors de la conférence de presse d’hier. Cependant, il ne s’agit pas d’une célébration à Matignon, mais simplement d’une crise qui encourage l’humilité.
Le Salon de l’Agriculture : un lieu hautement stratégique
La préparation de la visite d’Emmanuel Macron au Salon de l’Agriculture, le samedi 24 février, constituait l’objectif majeur de ce ballet politique. Face à la crainte de voir circuler des images d’un président chahuté, l’exécutif a dû affronter la peur du contraste avec la venue de Marine Le Pen, dont la popularité augmente parmi les agriculteurs. Être dans l’opposition facilite les applaudissements : il suffit de faire monter la tension et de proposer des solutions sensées, sans qu’on vous demande de rendre des comptes.
Emmanuel Macron est attendu de pied ferme : un « grand débat » avec les agriculteurs pourrait se tenir avant qu’il ne déambule
entre les stands du salon ce samedi. Cela lui permettra sans doute de formuler de nouvelles annonces dans le but de regagner le contrôle de la situation.
L’électorat agricole, un poids politique toujours influent
Même si leur représentation dans la population active a diminué, l’électorat agricole compose toujours 8% de la population, et symboliquement beaucoup plus : 90% des français ont une bonne opinion d’eux. Il n’est donc pas surprenant que ce groupe soit très courtisé, surtout à l’approche des élections européennes. Les Républicains ont inclus une agricultrice sur leur liste, tandis que le Rassemblement national cherche à exploiter la frustration face aux normes.
Enfin, l’exécutif doit aussi composer avec le spectre des « gilets jaunes » : malgré plusieurs points de ressemblance, il est impératif pour le gouvernement que le mécontentement des agriculteurs reste localisé et que l’histoire ne se répète pas. Ce Salon de l’Agriculture représente le dernier espoir de calmer la colère des agriculteurs. Cependant, le défi est grand : la France doit se mettre d’accord avec l’Union européenne, et en parallèle, Bruno Le Maire annonce que la récréation est terminée concernant les dépenses publiques : trouver dix milliards d’euros d’économies ne semble pas conciliable avec une politique d’allocations généreuses.