Le dirigeant du Rassemblement national a exprimé son opposition à la réinstauration de la peine capitale.
Jordan Bardella, le leader du Rassemblement national, a exprimé lundi, sur 42mag.fr, son désaccord avec la réintroduction de la peine de mort. Néanmoins, il est en faveur de l’introduction de la perpétuité réelle, qu’il considère comme une sorte de peine suprême. Ces déclarations interviennent quelques jours après la mort de Robert Badinter, le père de l’abolition de la peine de mort en France et ancien ministre de la Justice. Bardella a réitéré sa condamnation de toute résurgence de la peine de mort.
Bardella se prononce en faveur de l’instauration de la perpétuité réelle dans le système judiciaire français. Selon lui, malgré l’existence d’une peine maximale de 30 ans susceptible d’être assortie de 22 ans de sûreté, la perpétuité réelle n’est pas actuellement en vigueur en droit français. Il a soutenu que cette peine devrait être infligée dans des cas inexcusables tels que les affaires de terrorisme, les criminels multirécidivistes, notamment dans des affaires de crimes graves ou de pédophilie.
Néanmoins, le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti a répliqué en soulignant que la perpétuité réelle existe déjà dans le code pénal français, aux articles 221-3 et 221-4, depuis 1994. Il a cité en exemple le cas de Salah Abdeslam, le terroriste jihadiste condamné pour sa participation aux attentats de novembre 2015 à Paris. « Jordan Bardella a encore perdu une occasion de garder le silence », a dénoncé le garde des Sceaux. Les propos du ministre ont mis l’accent sur l’incompétence du parti d’extrême droite.
Un point de discorde concernant la peine de mort entre Marine Le Pen et Jordan Bardella
La question de la peine de mort a longtemps été un sujet de divergence entre Jordan Bardella et Marine Le Pen. Alors que Marine Le Pen avait envisagé en 2012 d’interroger les Français par référendum sur le rétablissement de la peine de mort, elle a exclu cette option dans ses programmes présidentiels de 2017 et 2022.
Bardella, quant à lui, a fait valoir que Marine Le Pen avait changé de position sur ce sujet. Il a également défendu la perpétuité réelle en tant que peine capitale, mettant de côté les déclarations antérieures de Le Pen soutenant la peine de mort.
A deux jours de l’hommage national rendu à Robert Badinter à Paris, Bardella a indiqué que le Rassemblement national serait présent, si invitation il y a. Bien que Badinter ne soit pas de sa tendance politique, Bardella estime qu’il est légitime de lui rendre hommage. « Parfois, il faut savoir mettre de côté ses convictions personnelles pour honorer ceux qui ont servi l’Etat », a-t-il soutenu.
Robert Badinter, ancien ministre de la Justice sous François Mitterrand (1981-1986), a porté la loi d’abolition de la peine de mort et a été la cible de l’extrême droite pendant plus de 50 ans. En juin 1981, Jean-Marie Le Pen, le leader du Front national, avait même manifesté en criant « Badinter assassin ! » sous les fenêtres du ministère de la Justice.