Bien que son entrée ait été tumultueuse, le chef de l’État a tout de même passé 13 heures à se promener au sein du Parc des expositions, cela grâce à une forte présence policière. D’après ses dires, les confrontations survenues entre les policiers et les agriculteurs sont imputables à la Coordination rurale et servent les intérêts du RN.
« Qui aurait cru ce matin qu’on serait encore là à cette heure-ci en train de bosser ? », s’exclame Emmanuel Macron, au soir du samedi 24 février, manifestant son mécontentement d’avoir dû consacrer son entière journée sur place malgré une ambiance plutôt tendue à son arrivée. La présence du président a été rendue possible par une forte présence policière, mise en place tout particulièrement pour l’événement.
Avec la présence d’agents de police en civil et des CRS en uniformes, nous comptons environ 800 forces de l’ordre déployées pour assurer la protection d’Emmanuel Macron. Ce dispositif lui a permis de ne pas se trouver directement confronté à un groupe d’agriculteurs mécontents, qui n’ont pas hésité à manifester leur colère en criant « Macron démission ». « Il n’était pas question de laisser 300 ou 400 personnes ternir cette foire », déclare le président.
« Je n’apprécie guère qu’on me prenne pour un idiot »
Ainsi, dans cette « bulle », dans un environnement courtois, le président de la Republique a tenté une approche avec divers éleveurs de bétail ou des représentants du secteur de la pêche. L’Elysée a souhaité concentrer plusieurs rencontres lors d’un déjeuner privé, afin de limiter les déplacements.
Emmanuel Macron a pointé du doigt ceux qu’il estime être à l’origine des débordements. Seul un syndicat n’a pas clairement appelé ses membres à se calmer suite aux trois heures de débats intenses du matin : la Coordination rurale. « Je n’apprécie guère qu’on me prenne pour un idiot », rétorque le président, sans spécifier le nom de l’organisation en question.
Il poursuit en s’adressant aux manifestants les plus agités de la veille : « Je reconnais leur slogans, je sais d’où ils proviennent. Certains sont présent avec un objectif politique précis : soutenir le Rassemblement national », affirme Emmanuel Macron. Pour lui, le RN tente d’exploiter la crise du monde rural pour booster sa campagne pour les élections européennes. En prônant la réduction de l’Europe, ce parti véhicule un « projet de récession et d’ignorance », dit le président, en essayant de re-centrer le débat sur le plan politique, bien que ce salon de l’agriculture n’est pas destiné à cela.
Les propos du président ont suscité l’irritation des dirigeants du Rassemblement national. Jordan Bardella, président du parti, ne manquera certainement pas de réagir aujourd’hui : il prévoit de parcourir lui-même les allées du Salon dimanche et lundi.