Un groupe de policiers et de gendarmes ont participé de leur plein gré à une enquête menée par la Défenseure des droits portant sur leurs méthodes en ce qui concerne le maintien de l’ordre et les secours aux personnes.
Les priorités des policiers et gendarmes selon une étude de la Défenseure des droits
Selon une étude publiée par la Défenseure des droits le 27 février, plus de la moitié des policiers et gendarmes (51,8%) estiment que la réalisation de leur mission prime sur le respect de la loi. Cette étude, basée sur un questionnaire rempli de manière volontaire et anonyme par 976 gendarmes et 655 policiers répartis dans sept départements, met en lumière les perceptions variées des pratiques professionnelles au sein de ces institutions.
Si plus de 9 répondants sur 10 désapprouvent l’utilisation de la force pour obtenir des aveux, près de 6 sur 10 estiment que, dans certains cas non spécifiés, il pourrait être tolérable d’utiliser plus de force que ce que prévoient les textes. Cette opinion est plus largement partagée chez les policiers (69,1%) que chez les gendarmes (54,2%). De plus, la vision répressive de leur métier est renforcée par le fait que plus de la moitié des policiers et gendarmes estiment que leur principale mission est d’assurer le respect de la loi et d’arrêter les « délinquants », plutôt que de porter assistance aux personnes en danger (un sur quatre) ou de protéger les institutions républicaines (4%). En outre, seuls un gendarme sur trois et moins d’un policier sur quatre (23,3%) estiment qu’il est possible de faire confiance aux citoyens pour adopter un comportement approprié.
Les forces de l’ordre regrettent un manque de formation
Les membres des forces de l’ordre interrogés pointent également du doigt un manque de formation au sein de leurs effectifs : un sur cinq affirme bien ou parfaitement connaître la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, tandis que près de la moitié (45,7%) estime ne pas être suffisamment formée en ce qui concerne les droits des citoyens et les règles de déontologie.
Enfin, l’étude révèle un regard critique porté par les professionnels sur les contrôles d’identité : près de 40% des policiers et gendarmes jugent que les contrôles fréquents ne sont pas ou peu efficaces pour garantir la sécurité d’un territoire.