Cette semaine, Emmanuel Macron accueille l’émir du Qatar, signe d’un réchauffement potentiel des rapports entre Paris et Doha.
L’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al-Thani, a été accueilli à Paris du mardi 27 février au mercredi soir. Lors de cette visite, un pacte portant sur des investissements qatari de 10 milliards d’euros dans l’économie française pour l’année 2030 a été signé avec le président Emmanuel Macron. Le président français a pris la parole durant le toast inaugural du dîner en l’honneur de l’émir pour déclarer : « Nous avons conclu un audacieux projet d’investissements de 10 milliards d’euros. »
Étoffement des investissements
Tamim, lors de sa toute première visite d’État en France depuis son accession à la couronne en 2013, est arrivé avec des engagements prometteurs : « Ces investissements ont pour objectif de renforcer les affiliations stratégiques entre nos deux pays », a assuré l’émir. Il a souligné la diversité des secteurs qui bénéficieront de ces investissements, tels que les semi-conducteurs, l’industrie aérospatiale, l’intelligence artificielle, le numérique, la santé, et plus encore.
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Cette visite d’État voit également des noms prestigieux participer à l’événement. Ont pris part au dîner l’ancien président Nicolas Sarkozy, un fervent partisan du renforcement des liens avec le Qatar, Brigitte Macron, l’épouse du président français, ainsi que Nasser Al-Khelaïfi, le président qatari du Paris Saint-Germain (PSG). Kylian Mbappé, célèbre attaquant du club PSG, était également présent. Ainsi que Bernard Arnault et Xavier Niel, les PDG de LVMH et Iliad respectivement.
Soulignons que l’abondance des caisses de l’émirat, grâce à l’augmentation des tarifs du gaz et du pétrole due à la guerre en Ukraine, a permis cette vague de nouveaux investissements. Divers pays, dont la France, ont signé des contrats à long terme pour l’importation de gaz naturel liquéfié (GNL).
Par ailleurs, ces participations financières permettent la diversification des investissements du Qatar en France, qui étaient, jusqu’ici, essentiellement concentrés dans des secteurs traditionnels tels que l’hôtellerie, l’énergie, ou le BTP, sans oublier le PSG, acheté en 2011. En ce moment, le Qatar détient un portefeuille d’investissement en France de l’ordre de 25 milliards d’euros, ce qui fait de la France, la deuxième destination privilégiée d’investissement pour le Qatar en Europe, après la Grande-Bretagne.
Revigorer la relation bilatérale
Il est clair que cette visite d’État a permis d’améliorer les relations personnelles autrefois tendues entre Emmanuel Macron et le cheikh Tamim. Il y a eu par le passé divers désaccords sur l’islam politique et les Frères musulmans soutenus par Doha, ainsi que sur la proximité du chef de l’État français avec Mohamed Ben Zayed, président des Émirats arabes unis et concurrent majeur du Qatar.
Ce voyage d’État va permettre de rénover la relation bilatérale aussi bien sur le plan économique que diplomatique. Tamim s’est montré un négociateur indispensable pour la libération des otages à Gaza et l’instauration d’un cessez-le-feu dans la zone palestinienne, ce qui n’a pas échappé à Emmanuel Macron.