S’exprimant sur France Culture, la ministre de la Culture soutient que « la liberté de création doit être sans limites, cependant, la pédocriminalité ne peut être considérée comme de l’art, tout comme les violences sexuelles ».
« Ajourné indéfiniment« . Suite à l’annonce faite mardi par Bruno Pésery, producteur d’Arena Films, de différer pour une durée indéfinie le lancement du nouveau film de Jacques Doillon, CE2, initialement prévu pour le 27 mars, en réponse à l’accusation de viol sur une mineure portée par Judith Godrèche contre le réalisateur, la ministre de la Culture, Rachida Dati, a exprimé sa « malaise » face à « la punition groupée« , l’acte « de condamner un film entier« , durant son intervention sur France Culture jeudi le 29 février.
Selon Rachida Dati, « la liberté de création doit rester sans limites, toutefois, la pédophilie et les violences sexuelles ne sont en aucun cas une forme d’art« . Après avoir établi ce constat, Dati livre son « opinion personnelle » concernant l’annonce du report de la sortie du nouvel opus de Jacques Doillon : « Un livre, par exemple, est une création individuelle. Il est tout à fait possible de réprimander un auteur, cela constitue une punition individuelle. En revanche, un film est un travail d’équipe. Devons-nous alors punir ou sanctionner tous les autres talents, techniciens, maquilleurs, secrétaires, régisseurs et investisseurs dans ce film ? »
« Je suis davantage troublée par la notion de punition collective« , déclare Rachida Dati, mettant l’accent sur le fait « de condamner l’ensemble d’un film, de punir tous les artistes sous divers aspects en raison d’un comportement inacceptable ou illégal, pénalement sanctionnable, d’un seul individu. » Selon elle, « nous vivons dans un pays où la responsabilité est individuelle et non collective« .