Le chef de l’État a assuré qu’il organisera une rencontre à l’Elysée, dans un délai de trois semaines, avec « tous les syndicats et toutes les branches de l’agriculture ».
Un jour d’ouverture animé. Samedi 24 février, Emmanuel Macron partage de longues discussions avec les agriculteurs à l’occasion du début du Salon de l’Agriculture à Paris. Pour faire face à la frustration persistante du secteur agricole qui a mené à diverses manifestations dans tout le pays, le Président de la République annonce plusieurs initiatives.
Emmanuel Macron affirme son intention de réunir toutes les organisations syndicales et filières agricoles à l’Elysée dans trois semaines. Durant deux rencontres avec des délégués agriculteurs lors du Salon de l’Agriculture, il dévoile ses principaux engagements.
Une aide d’urgence pour la trésorerie
La semaine prochaine, selon le Président, le Ministre de l’Agriculture et les Ministres Délégués, Marc Fesneau et Agnès Pannier-Runacher, ainsi que le Ministre de l’Économie Bruno Le Maire, convieront les banques et différents secteurs à une réunion pour élaborer un plan d’aide à la trésorerie pour soutenir les agriculteurs français. Emmanuel Macron annonce le lancement d’une initiative visant à recenser les exploitations rencontrant les difficultés financières les plus aiguës dans chaque région pour leur apporter une aide appropriée.
Instauration de prix minimums par secteur
Le Président affirme son désir de fixer des « prix planchers » par secteur capable de garantir un revenu stable aux agriculteurs. Dans le cadre de la conception d’une nouvelle loi destinée à déterminer les relations entre les acteurs de l’industrie alimentaire, le but est de fixer des prix planchers pour protéger le revenu des agriculteurs. Ces « prix planchers » seront établis sur la base d’indicateurs des coûts de production sur lesquels chaque secteur (volaille, lait, viande de boeuf, etc.) devra s’accorder. Ces indicateurs sont existants mais ne sont pas suffisamment considérés pour la viande de boeuf et le lait selon les éleveurs, alors que pour la volaille, ils le sont presque systématiquement.
Il s’agit d’un nouvel engagement qui irait plus loin que la législation Egalim, qui vise à assurer une rémunération équitable pour les producteurs et qui a été soulevée plusieurs fois depuis 2018. Plus tôt dans la semaine, le Premier Ministre Gabriel Attal annonçait son intention de mettre en place une nouvelle loi pour accroître les revenus des agriculteurs avant l’été.
Considération de la profession comme « intérêt général majeur »
Le Président de la République a promis de reconnaitre l’agriculture et notre alimentation comme un intérêt général majeur pour la nation française et en inscrivant cette reconnaissance dans la loi afin de protéger nos agriculteurs de façon ferme et durable.
Un alignement sur l’Europe pour les interdictions
Emmanuel Macron a réitéré sa volonté d’éviter que la France interdise un pesticide avant le reste de l’Europe pour éviter les distorsions concurrentielles. Pour parvenir à cela, il espère que l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES) suivra le programme européen et n’instaurera pas d’interdiction avant les autres pays européens.
Élargir le « droit à l’erreur »
Parmi divers engagements gouvernementaux sur la simplification des normes et l’assouplissement des contrôles, Emmanuel Macron a également déclaré aux agriculteurs son intention de mettre en place le « droit à l’erreur » dans le domaine agricole. Il explique que cela signifie que lorsqu’une erreur est commise une première fois, elle doit être corrigée et ne doit pas être répétée. Si la même erreur est commise une seconde fois, il s’agit alors d’une fraude.