Clément Beaune reconnaît qu’il a « laissé tomber son poste gouvernemental pour des motifs politiques », sans toutefois reconnaître explicitement qu’il a été contraint de se retirer de son rôle de ministre suite à son opinion concernant le projet de loi.
Clément Beaune, député de Paris et précédemment ministre des Transports, a exprimé vendredi 1er mars sur 42mag.fr, qu’il refusera constamment toute leçon de loyauté et de dévouement. Il admet avoir été touché par de nombreux commentaires, souvent anonymes dans la presse, provenant de ministres ou de conseillers ministériels, reprochant sa position lors des discussions autour de la loi immigration.
L’ex-ministre, influant représentant du camp de gauche au sein des macronistes, avait vivement critiqué certaines sections du texte de loi, et avait initié un fil de discussion Telegram nommé « Valeurs » avec plusieurs ministres. Il avait de même proposé un dîner partagé, mais Aurélien Rousseau, ministre de la Santé, fut le seul à démissionner suite à cela. Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur, avait également offert sa démission, qui fut rejetée par le gouvernement.
Beaune avait envisagé la démission, mais avait finalement changé d’avis. Durant une visite au Conseil Régional d’Île-de-France, l’ancien ministre des Transports fut accusé de trahison par la gauche. « J’ai horreur de ce mot et le rejette totalement. J’ai exprimé certaines choses. On m’a ensuite attribué certains propos, certaines menaces, du chantage. Ce n’est pas mon genre, et ce n’est pas du tout ce que j’ai fait », argue-t-il ce vendredi.
« En aucun cas, je ne renie le président de la République »
Des critiques se sont également fait entendre à l’intérieur de la majorité présidentielle. Certains blâment un manque de loyauté chez l’ancien ministre. « J’ai exprimé des réserves et des doutes lors de nos discussions autour de la loi immigration », confie Beaune. « Je n’étais pas le seul à le faire. Plusieurs dispositions, que nous avions discutées, ont été rejetées par le Conseil Constitutionnel. Il y avait donc des raisons à cela. Mais cela reste sans importance », ajoute-t-il.
Le député insiste sur le fait qu’il « ne regrette absolument rien » et qu’il continuera à témoigner « de ses croyances personnelles à l’intérieur de la majorité ». Bien qu’il ne confirme pas ouvertement avoir été destitué de son poste de ministre en raison de son opinion sur la loi immigration, Beaune reconnaît qu’il a dû « quitter le gouvernement pour des motifs politiques », étant donné que « la qualité de [son] travail reste, je pense, appréciée de tous ». « Un remaniement est un choix politique », souligne l’ancien ministre.
Clément Beaune réitère qu’il « reste fidèle » envers « le projet initial et le président de la République » ainsi qu’à ses électeurs qui partagent ses « convictions sociales-démocrates et européennes ».
Un penchant pour la gauche
L’ex-ministre déclare ne pas percevoir de dominance de la droite dans l’exécutif. « Je me sens à l’aise parmi la majorité tant qu’il y a un équilibre » entre la gauche et la droite. « Est-ce qu’il est nécessaire de nourrir ses différentes sensibilités, et notamment celle qui est mienne, sociale-démocrate ? Oui. Est-ce toujours nécessaire de mener un combat politique au bon sens du terme ? Propositions, idées, influences ? Oui », soutient-il.
Clément Beaune souhaite continuer à « formuler des propositions qui afficheront ce penchant » pour la gauche.