Dans la soirée de dimanche, le commissariat de La Courneuve, situé en Seine-Saint-Denis, a été pris pour cible par des tirs massifs de mortiers d’artifice et de projectiles. Cet événement fait suite au décès tragique d’un jeune habitant de la ville, survenu lors d’une course-poursuite avec les forces de l’ordre, quatre jours auparavant.
Des tirs de mortiers ciblent le commissariat de La Courneuve
Aucun incident n’a eu lieu cette nuit, mais le commissariat de La Courneuve a été visé par des tirs de mortiers le dimanche 17 mars. Cette situation ramène le gouvernement face à la crainte du retour des émeutes en banlieue. Un scénario déjà vu se déroule dans le département de la Seine-Saint-Denis, avec la mort d’un jeune de 18 ans lors d’une collision avec une voiture de police après avoir refusé d’obtempérer. Les violences contre les forces de l’ordre ont éclaté avec une cinquantaine d’individus attaquant le commissariat à coups de tirs de mortier. Même si les circonstances de la mort du jeune Wanys à Aubervilliers la semaine dernière sont différentes de celles de Nahel qui ont déclenché les émeutes à l’été dernier, une enquête est ouverte et le préfet de police a rapidement communiqué. Sur le plan politique, les mêmes schémas se répètent.
Le gouvernement affiche sa fermeté en déployant un dispositif de sécurité conséquent pour éviter que la violence ne se propage dans les banlieues. Cependant, certains acteurs attisent les braises : de l’extrême gauche à l’extrême droite, en passant par les Insoumis, chacun tente de tirer profit de la situation. Les élus locaux tentent de jouer les médiateurs en appelant au calme, mais le spectre des émeutes de 2005 plane toujours.
Des mesures martiales inefficaces
Pour mettre fin à cette spirale infernale, il est probablement nécessaire de redonner du pouvoir aux acteurs locaux, tels que les élus, les associations ou la police de proximité, qui maintiennent le tissu social au quotidien en banlieue. L’État doit rétablir l’ordre et la justice doit traiter les faits divers tragiques. Cependant, les mesures martiales ne suffisent pas, comme le montre l’histoire récente. Les banlieues sont un dossier brûlant pour Emmanuel Macron depuis la mise au placard du plan Borloo en 2018. Il s’agit d’un enjeu citoyen qui mérite mieux que d’être transformé en laboratoire politique à chaque nouvelle flambée de violence.