Depuis la reprise des travaux parlementaires, tout est resté calme. La France Insoumise cherche à mettre en avant une image positive, espérant ainsi se préparer à lancer une nouvelle campagne bientôt.
Nouvelle année parlementaire, nouvelle approche ? Les députés insoumis semblent opter pour un ton plus modéré au sein de l’Assemblée nationale depuis le début de la nouvelle législature. Un éminent membre du Parti socialiste a remarqué auprès de 42mag.fr qu’ « ils sont moins exubérants ». Bien qu’ils soient toujours audibles dans l’hémicycle, leur présence se fait plus discrète qu’auparavant, avec moins de tensions vocales, un peu comme un élève qui, après avoir reçu un avertissement avant les vacances, revient en début d’année scolaire avec l’intention de se comporter de manière exemplaire. Les 73 élus du groupe concentrent leurs efforts sur l’obtention de petites victoires symboliques concernant le budget ainsi que sur des postes stratégiques et influents.
En profitant des divisions parmi leurs opposants, les insoumis se retrouvent avec quatre fonctions particulièrement en vue et respectées au Palais Bourbon : deux commissions importantes (finance et affaires économiques) et deux postes de vice-présidence chargés de la supervision des débats. Clémence Guetté, une proche et fidèle de Jean-Luc Mélenchon, occupe à certains moments la présidence. Des militants insoumis partagent, sur le réseau social X, des interventions de ces sessions, notamment celle-ci :
Une insoumise corrigeant un autre membre de son groupe, ce qui, selon certains partisans, est perçu comme un signe d’impartialité — même si cela peut sembler exagéré — pour prouver qu’elle est à la hauteur de ses responsabilités. Cette tactique est considérée comme une stratégie similaire à celles adoptées par leurs partenaires du Nouveau front populaire avant les élections présidentielles de 2017 et 2022. Selon certains d’entre eux, LFI choisit de polariser et de diviser pour galvaniser sa base et mobiliser les abstentionnistes, avant de se repositionner plus calmement à l’approche des élections pour rassurer l’électorat. « Jean-Luc Mélenchon joue toujours le grand-père sympathique avant une élection », plaisante un député socialiste.
LFI anticipe une présidentielle avancée
Un autre député du Nouveau front populaire affirme que « Jean-Luc Mélenchon prévoit une élection anticipée d’ici six mois ». C’est également l’analyse partagée en privé par Manuel Bompard, le leader de LFI. Dans le cas hypothétique d’un effondrement du gouvernement Barnier, et si une dissolution s’avérait impossible avant juillet, Emmanuel Macron serait, selon eux, contraint de nommer la gauche, de démissionner, ou peut-être même d’être destitué, bien que cette dernière solution soit très peu probable et déjà écartée.
Les responsables du groupe insoumis ne cessent de souligner qu’ils sont prêts à repartir en campagne. C’est encore une stratégie visant à maintenir la mobilisation. Si l’éventualité de nouvelles élections se présente rapidement, « Jean-Luc Mélenchon est prêt plus que quiconque », selon un de ses proches. D’autres figures de gauche, même en dehors de LFI, reconnaissent aussi cette capacité : « Le leader insoumis a des qualités uniques que les autres n’ont pas, c’est comme dans une compétition de chant, celui qui chante le mieux a plus de chances de l’emporter. »
Mais a-t-il vraiment une chance de victoire ? En dehors de LFI, peu à gauche semblent y croire. « Un événement s’est produit le 7 octobre qui a changé la donne », pense un stratège socialiste, en référence à l’attaque du Hamas en Israël et aux positions ambiguës des insoumis sur cette situation. Pour un responsable écologiste, une élection présidentielle anticipée ne ferait qu’accélérer une défaite pour la gauche : « Le Nouveau front populaire n’est pas encore prêt, seul Mélenchon est en mesure de se lancer. » Selon lui, « si le choix final devait se faire entre Jean-Luc et Marine Le Pen, cette dernière l’emporterait. »